LGBTQMonde

Le premier Prince indien ouvertement gay ouvre un refuge LGBT+ dans son palace

, mis à jour le 11.02.2018 à 11 h 55

Le but: accueillir les homosexuels chassés de chez eux et les protéger de la mort.

Prince Manvendra Singh Gohil, décembre 2016.
SAJJAD HUSSAIN via AFP

Prince Manvendra Singh Gohil, décembre 2016. SAJJAD HUSSAIN via AFP

Fils et probable héritier du Maharaja de l’État de Rajpipla, à l’ouest de l’Inde, le Prince Manvendra Singh Gohil a longtemps été contraint de dissimuler son homosexualité. 

En 1991, il épouse une princesse de l’État de Jhabua –«mariage qui ne sera jamais consommé», rapporte The Independent– s’engageant ainsi dans une vie entière de mensonge… jusqu’à ce qu’il n’ait d’autre choix que d’avouer à sa femme son orientation sexuelle. Si leur divorce est prononcé moins d’un an après leur union, sa cause demeurera secrète des années durant. 

Dans une Inde encore ultra-traditionaliste, les relations entre personnes de même sexe sont répréhensibles par la loi. En 2002, le Prince Mavendra craque. Alors qu’il séjourne à l’hôpital, son psychiatre révèle son homosexualité à ses parents, qui feront tout pour que rien ne fuite. Ils essaieront même de le «soigner» à grands coups de thérapies médicales et religieuses. En vain, évidemment.

Malgré l’omerta, l’opinion publique apprend la vérité dans un chaos sans nom. Les effigies du Prince sont brûlées à travers le pays et les appels à sa destitution se multiplient, tandis que ses parents le déshéritent –ils finiront toutefois par revenir sur leur décision. 

«Faire son coming-out en Inde est vraiment difficile», confie le Prince Manvendra à The Independent. (…) «Des parents menacent leurs enfants de les tuer s’ils sont gays.» La communauté LGBT+ indienne voit tous ses droits bafoués:

«Quand des jeunes font leur coming-out, leur famille les déshérite et les chasse hors de chez eux. Ils n’ont donc nulle part où aller et se retrouvent à la rue. Je veux leur porter secours et les protéger de la mort, du suicide ou de la dépression.»

Pour cela, le Prince Manvedra, âgé de 52 ans aujourd’hui, a annoncé l'ouverture d'un centre LGBT+ au sein de son palace. L’objectif: offrir un toit aux homosexuels et leur apporter, si besoin, des soins médicaux et des formations professionnelles. 

L’opulent édifice royal se trouve être rose; une sorte d’heureux hasard. «Notre ville est surnommée la ville rose de Gujarat et la plupart de nos habitations sont roses», explique le Prince. Le palace «est rose depuis près de 300 ans maintenant et je dis toujours qu’un de mes lointains ancêtres l’a peint en rose car il savait que cela plairait bien à l’un de ses descendants». 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux.
> Paramétrer > J'accepte