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Pourquoi les gueules de bois empirent avec l'âge

Repéré par Thomas Messias, mis à jour le 04.02.2018 à 7 h 53

Repéré sur The New York Times

Année après année, il semble de plus en plus difficile de se remettre des excès d'alcool de la veille. L'explication est en partie physiologique.

Hangover but | Javiera Y. via Flickr CC License by

Hangover but | Javiera Y. via Flickr CC License by

Les lendemains de fêtes, c'était mieux avant. Répondant aux interrogations d'un lecteur ou d'une lectrice de 42 ans qui s'inquiète de ne plus récupérer aussi bien des soirées arrosées que 20 ans auparavant, un article du New York Times déploie la liste des raisons qui rendent les gueules de bois plus difficiles à encaisser qu'avant.

Il s'agirait tout d'abord d'une question d'habitude, explique Lara Ray, spécialiste en psychologie clinique à l'Université de Californie. Les jeunes gens à peine majeurs feraient des excès de façon plus régulière, ce qui est évidemment à proscrire mais leur donne en même temps une forme d'«entraînement» que n'ont plus celles et ceux qui, comme l'auteur de ces lignes, ne jouent plus les oiseaux de nuit qu'une poignée de fois dans l'année. Lorsqu'on sort et que l'on boit de l'alcool tous les samedis soirs, le corps prend de mauvaises habitudes et devient moins sensible aux excès. Ce qu'il ne veut pas dire que les beuveries successives ne l'abiment pas.

Une affaire de graisses

Lara Ray complète cette réponse avec un argument plus physiologique : en vieillissant, nous gagnons en graisse ce que nous perdons en muscle. Or à quantité égale, un corps avec un indice de masse graisseuse plus élevé sera davantage intoxiqué par une dose d'alcool. La professionnelle de santé ajoute cependant que ce facteur aggravant concerne moins les quadragénaires que les plus de 60 ans. Elle conseille néanmoins de ne pas boire trop rapidement et d'alterner avec des boissons non alcoolisées afin d'enrayer les méfaits de la quantité d'alcool absorbée.

Les scientifiques ne s'accordent toujours pas sur la véritable origine de la gueule de bois, ce qui la rend difficile à expliquer et à contrecarrer. C'est ce qu'explique Marc Schuckit, professeur de psychiatrie à l'Université de San Diego. Si une partie des spécialistes affirme qu'elle correspond à une lente phase de sevrage, les autres évoquent plutôt une conséquence de la déshydratation ou d'un déséquilibre en sodium, magnésium et potassium. La conclusion est évidente : la seule façon d'éviter la gueule de bois et de gâcher son dimanche, c'est de ne pas boire d'alcool ou de se modérer. Ce qui n'est certes pas très satisfaisant pour celles et ceux qui aiment faire la fermeture des bars ou boire juste un verre de trop.

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