Parents & enfants

Parents, faites attention aux petits mensonges que vous dites à vos enfants

Rachelle Hampton, traduit par Adélaïde Blot, mis à jour le 28.01.2018 à 16 h 53

Qui n'a jamais cru pendant des années à un petit mensonge raconté par ses parents?

«Si tu caches des bonbons dans ta chambre, une souris viendra te les voler» | MARIO LAPORTA / AFP

«Si tu caches des bonbons dans ta chambre, une souris viendra te les voler» | MARIO LAPORTA / AFP

Quand j’étais petite, j’étais certaine que si je mangeais un pépin de pastèque, un arbre à pastèques pousserait dans mon ventre. Je ne sais plus si c’est mon père ou mon grand-père qui m’avait planté cette idée dans la tête, mais ils m’ont tous les deux fait comprendre que c’était vrai. Pendant des années, j’ai donc vécu avec la crainte de devenir un mélange d’enfant et de haricot magique. Une nuit, je me suis même réveillée avec l’impression que le chatouillement dans ma gorge était le signe qu’un arbre à pastèques était en train de grandir dans mon système digestif. Je crois que ce n’est qu’au collège que je me suis rendu compte que non seulement les pastèques ne poussaient pas dans les arbres, mais qu’en plus elles ne pouvaient pas germer dans mon ventre.

«Plus on a de surface corporelle, plus on peut manger de bonbons»

Un récent fil Twitter lancé par un tweet de l’auteure et chroniqueuse parentale de Slate Nicole Cliffe m’a rappelé cette peur d’enfant et m’a fait prendre conscience de l’ingéniosité des mensonges parentaux.

 

 

«Pendant des mois, on a réussi à faire croire aux enfants que les sachets de Scooby Snacks [bonbons en forme de personnages du dessin animé Scooby-Doo, ndlr] contenaient des biscuits fades. Et puis un jour, une babysitter en a acheté une boîte et tout s’est effondré en moins de trois minutes.»

Beaucoup des petits mensonges évoqués dans la discussion tournaient autour des enfants et de la nourriture. Une mère avait par exemple convaincu sa fille qu’il y avait une règle de «rapport de surface corporelle pour les bonbons, selon laquelle plus on a de surface corporelle plus on peut manger de bonbons», ce qui permettait à la mère de manger une grande partie des bonbons de sa fille.

Des parents, quant à eux, ont fait croire à leur enfant de sept ans que les bâtonnets de mozzarella ne se vendaient que sur les lieux de vacances. Certains petits mensonges sont de pures absurdités, comme celui de ce père qui, on ne sait pas pourquoi, avait dit à ses enfants que dans tous les troupeaux de vaches, il y en avait une qui s’appelait Herman.

En grandissant, on se rend facilement compte que ces «vérités» bizarres sont des inventions. Néanmoins, un des mensonges mentionnés dans la discussion avait l’air très ancré et répandu, à tel point que de nombreux adultes y croyaient encore: il serait illégal de conduire avec le plafonnier de la voiture allumé.

 

 

«Ma mère a réussi à me faire croire que c’était illégal de rouler avec le plafonnier de la voiture allumé… J’ai découvert que c’était un mensonge il y a seulement trois ans.»

 

 

«Attendez, je suis sûre que c’est vrai»

Pensez aux répercussions

Soyons clairs, ce n’est pas vrai. Conduire avec le plafonnier allumé est certes dangereux, car cela réduit la visibilité extérieure pour le conducteur, mais l’intérêt de cette lumière c’est qu’elle permet à un passager de regarder une carte pour guider le conducteur. Il n’existe actuellement aucune loi [ni aux États-Unis ni en France, ndlr] interdisant de conduire avec les lumières de l’habitacle allumées. Bien sûr, on comprend facilement pourquoi les parents peuvent mentir à ce sujet: tout le monde sait que les enfants aiment les boutons et expliquer à un petit de 5 ans le concept de la baisse de la visibilité de nuit alors qu’on en est à la treizième heure de route serait tout bonnement infernal.

Il n’en reste pas moins que les parents doivent faire attention. Le mensonge sur le plafonnier m’en rappelle un autre que les parents d’une amie lui avaient raconté. Pour éviter qu’elle n’ouvre le placard où était rangé l’alcool de la maison, ils lui avaient fait croire que le meuble était piégé et qu’une alarme se mettrait en route si elle l’ouvrait. Pendant des années, elle a vécu dans la terreur, marchant sur des œufs dans son propre salon jusqu’à ce qu’à l’âge de 16 ans elle demande à sa mère le code du placard pour ne pas se faire dézinguer. À ce stade, sa mère avait oublié qu’elle lui avait menti à ce sujet.

Bien évidemment, ces petits mensonges sont sans conséquences (et souvent très drôles). Mais évoquer les histoires comme celle du plafonnier et du placard interdit sont l’occasion de donner ce petit conseil d’ami aux parents: pensez bien aux répercussions des mensonges que vous racontez à vos enfants, parce que vous ne savez pas ce qui pourrait rester.


 

Rachelle Hampton
Rachelle Hampton (2 articles)
Adjointe à la rédaction de Slate.com
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