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Pour préserver les zones humides de Louisiane, mangez de l'alligator

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 13.01.2018 à 15 h 48

Repéré sur MIC

C'est ce que propose un chef cuisinier de Nouvelle Orléans.

Un alligator américain  | 
Ronald Woan via Flickr CC License by

Un alligator américain | Ronald Woan via Flickr CC License by

Un «filet frit» d'alligator «badigeonné d'une sauce à la noix de coco et au curry rouge pimenté, et d'une autre au poisson, le tout agrémenté de soja, de morceaux de gingembre et de cochujang»; ce plat loin d'être banal figure au menu du restaurant Cavan, en Nouvelle Orléans.

 

 

S'il peut paraître cruel de manger de l'alligator, ce serait au contraire un geste presque écologique, assure le chef des lieux, Nathan Richard, interrogé dans Mic:

«C'est essentiel pour protéger les zones humides de Louisiane.»

En effet, l'alligator a été l'une des premières espèces protégées du monde, en 1962. Ce cousin du crocodile s'est donc développé dans les marais de cette partie des États-Unis en toute liberté. Aujourd'hui, on en compte pas loin de 2 millions à l'état sauvage, et quelques 300.000 élevés dans des fermes, rapporte le Département de la faune et de la pêche de Louisiane.

Un chiffre trop élevé selon notre cuistot, Nathan Richard, qui soulève les dangers de ce grand prédateur:

«Trop d'alligators, cela signifie trop de poissons et de tortues tuées.»

«Cette surpopulation mène aussi à la destruction des marais, des pièges à poissons et des apâts», continue-t-il. Les alligators apparaissent alors comme une menace pour les pêcheurs, mais aussi pour tout l'écosystème des zones humides de Louisiane: «Nos marécages sont notre première ligne de défense contre les tempêtes, assure Nathan Richards, et sans eux, les inondations vont devenir encore plus extrêmes.»

Bien sûr, le chef a tout à gagner à voir revenir l'alligator dans les assiettes. Mais peut-être n'a-t-il pas tort: alors que les zones humides perdent déjà près de 75 km² de leur surface chaque année, l'impact des alligators viendrait aggraver ce constat.

Nathan Richard n'a donc pas fini de vanter les mérites de cette viande «riche en protéines et pauvre en graisses», à l'aspect de poulet frit, mais à la texture semblable à de la «pieuvre super tendre», à en croire l'auteur de l'article.

 

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