Economie

Doit-on s'inquiéter des «Baleines», ces 1.000 investisseurs qui possèdent 40% des bitcoins?

Repéré par Fabien Jannic-Cherbonnel, mis à jour le 11.12.2017 à 10 h 44

Repéré sur Bloomberg

L'absence de transparence inquiète les experts.

KAREN BLEIER / AFP

KAREN BLEIER / AFP

Le bitcoin n’en finit plus de grimper. En quelques semaines, la crypto-monnaie a progressé de plus de 500%, passant de 2.550 euros en septembre à plus de 12.750 euros en moins de trois mois. L’envolée de la monnaie virtuelle inquiète les experts, qui pensent que la bulle pourrait bientôt éclater. Mais d’après Bloomberg, il existe une autre tendance inquiétante: 40% des bitcoins sont possédés par seulement 1.000 personnes.

Ces utilisateurs, qui possèdent donc des réserves de bitcoin valant plusieurs millions d’euros, sont connus sont le nom de «Baleines». Leur existence inquiète les investisseurs. La valeur de la monnaie virtuelle pourrait être totalement déstabilisée si l’un d’entre eux décidait de vendre ses actifs. Et cela pourrait être tentant pour ces 1.000 utilisateurs, qui feraient un profit incroyable, mais dévalueraient l’entièreté du marché.

Rien n’empêche non plus, comme l’explique Bloomberg, pour ces «baleines» de coordonner un achat massif de bitcoin qui ferait monter les prix artificiellement, pour ensuite les revendre. Il faut dire que la monnaie virtuelle n’est que très peu encadrée, et au contraire d’une valeur boursière, aucune loi n'empêcherait ce genre de mouvement.

Absence de régulations

Bien que les transactions entourant la crypto-monnaie soient anonyme, chaque acheteur possède une adresse virtuelle unique, permettant de suivre facilement les mouvements de fonds en ligne. Impossible, par contre, de savoir exactement qui se cache derrière ces lignes de numéros. Pour Bloomberg, il serait logique que ces 1.000 personnes fassent partie des early adopters du bitcoin. Ceux-ci auraient donc peu d’intérêt à vouloir déstabiliser le marché de la crypto-monnaie.

Le problème est que les investisseurs normaux, vu l’absence de transparence du marché, restent dans le noir quant aux motivations des gros investisseurs. «Il n’y aucune transparence dans ce marché. Dans la finance normale, tout ce qui est matériel doit être divulgué. Mais dans le monde de la monnaie virtuelle, il n’y a aucune obligation», explique Martin Mushkin, un avocat spécialisé dans le bitcoin.

Reste à savoir si la folle envolée du bitcoin continuera pour de bon. Les Échos se demandait d’ailleurs cette semaine si l’on avait affaire à une bulle, du niveau de celle qui a secoué internet au début des années 2000. Mais quoi qu’il arrive, le bitcoin est en train de devenir une valeur crédible, de plus en plus de fonds privés y investissant. «Même si la bulle devait éclater, la devise digitale ne disparaîtrait pas pour autant», note le magazine.

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