FranceCulture

Pour parler de Johnny, les médias ont (vraiment) tout osé

Léa Polverini et Léa Marie, mis à jour le 07.12.2017 à 16 h 11

Florilège des angles les plus improbables.

Johnny Hallyday sur le plateau du Grand Journal, novembre 2012 | Éric Feferberg / AFP.

Johnny Hallyday sur le plateau du Grand Journal, novembre 2012 | Éric Feferberg / AFP.

L'annonce de la mort de Johnny Hallyday a provoqué hier un petit séisme, dans le cœur des fans comme dans les rédactions. Journalistes survoltés, programmes bouleversés, chacun s'empressait de ressortir ses archives, déjà couvées ou retrouvées dans l'urgence d'une nuit trop froide.

Il n'y a qu'à regarder la grille des programmes de France Inter: sur dix-neuf émissions, six seulement n'en faisaient pas leur sujet du jour, et l'édition spéciale du journal de 13h a même éclipsé la mythique Marche de l'Histoire. BMFTV réalisait 3,8% de part d'audience, contre 2,1% en moyenne au mois de novembre: un record parmi les chaînes d'info. Au fil des heures, hommages, histoires, sanglots et railleries se sont entremêlées sur les fils d'actualité.

Mais la journée s'étirant et les papiers se multipliant, il a bientôt fallu tirer dans les coins, quitte à y perdre quelques cheveux, pour trouver le sujet qui n'aurait pas encore été publié sur Johnny. Pour les archives de l'histoire, voici donc un petit florilège des angles les plus originaux (ou désespérés?) qu'ont pu inventer les journalistes pour se démarquer. 

«Ooooptic 2000»

«Je crois qu’il a décomplexé les presbytes», peut-on lire dans Le Parisien. Ayant déjà évoqué son bon millier de chansons dans un autre article, le quotidien s'est penché sur le jingle légendaire qui a fait bondir les ventes d'Optic 2000, où l'on entendait le rockeur chanter le nom de la marque. Le refrain a tourné sur les ondes de 2001 à 2011, et tout le monde s'en souvient encore. Pour s'en assurer, le journaliste est allé jusqu’à se rendre dans une franchise parisienne pour interroger vendeurs et clients et nous rapporter de précieux témoignages.

Quand Hallyday chantait «Que je t'aime» en italien ou en japonais

La musique de Johnny s'exportait dans le monde entier, rappelle 20 Minutes, qui nous apprend que son tube «Que je t'aime» a eu le droit à sa version italienne. Un énorme succès, puisque «Quanto t’amo» a atteint la première place du hit-parade de l'autre côté des Alpes. Après s'être également essayé à l'espagnol et à l'allemand, Johnny Hallyday s'est même risqué au japonais: «En 1973, le pays du Soleil levant a pu profiter d’une version nippone de “Que je t’aime”. On suppose que Johnny Hallyday l’interprète purement en phonétique…»

Johnny Hallyday ou Orelsan?

Les paroles de Johnny n'ont pas pris une ride. C'est en tout cas ce qu'a cherché à démontrer Buzzfeed avec son quiz «Ces paroles sont-elles de Johnny Hallyday ou d'Orelsan?». Absurde au premier abord, le test n'est finalement pas si facile. À moins d'être incollable sur la discographie de Johnny (ou d'Orelsan), dur de ne pas se faire avoir. Exemple: malgré ses accents plutôt rap français, l'extrait «À force de changer la couleur de ma peau / Ma voix portant les cris qui viennent du ghetto [...]» est signé Johnny.

Johnny en «bidasse»

Dans la catégorie de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, Ouest France nous offre le portrait de René, ce délicieux inconnu qui fit son service militaire à Offenburg aux côtés de Johnny. Il y parle notamment de sa coupe de cheveux et des mises en scène de la rockstar en sa caserne.

Les vacances de Johnny dans l'ouest de la France

Visiblement très inspiré, Ouest France a également joué la carte du guide touristique, avec une petite sélection des lieux préférés de Johnny dans l'ouest de la France. Ça commence à la station balnéaire de Trouville avec un déguisement de cow-boy et finit dans les thalassos du Morbihan, avec quelques considérations sur les plages de Quiberon, la cuisine de Patrick Jarno et l'absence regrettable de vin.

Les yeux bleus

Dans la chronique intimiste de Guy Birenbaum sur Jean (d'Ormesson) et Johnny (Hallyday), dédiée aux yeux bleus des deux disparus, on apprend que son chien avait «un petit air de Johnny», une ressemblance confirmée par Læticia elle-même. À écouter ou à lire sur le site de France Info.

Johnny et la guerre des Six Jours

Pendant que la France endeuillée ne parlait que de Johnny, Donald Trump s'apprêtait à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L'occasion pour i24 –média israélien couvrant l'actualité internationale– de revenir sur la première visite du chanteur en Israël, en 2012. Johnny aurait alors confié, peut-on lire dans l'article, avoir «“failli” venir soutenir l'État hébreu au moment de la Guerre des Six Jours en juin 1967, mais que le temps qu'il arrive, le conflit était fini».

Apprentissage de la paternité

Lorsqu'il n'était pas sur scène ou en plateau, Johnny était papa. Un sujet épineux sur lequel a choisi de se pencher Le Point, qui analyse la relation du chanteur avec ses quatre enfants, nés de trois unions différentes. «Absent avec David, à moitié présent pour Laura, totalement investi avec Jade et Joy...», explique l'article, qui souligne le goût tardif pour la paternité de Jean-Philippe Smet.

Vos messages privés

La mort de Johnny, ce sont finalement les Français qui en parlent le mieux. D'où l'idée de L'Obs de publier des conversations privées d'anonymes remués par l'annonce de sa disparition. Le journal a donc sélectionné les messages les plus touchants et les plus drôles que les Français se sont envoyés. Vannes, remarques cyniques, engueulades ou émotion partagée, la triste nouvelle s'est hier invitée dans (presque) toutes les discussions.

Les sosies effondrés

Pour finir, ce florilège ne serait pas ce qu'il est sans les paroles de ces «autres Johnny». D'un bout à l'autre de la France, les journaux se sont empressés d'aller recueillir les réactions des sosies, plus ou moins officiels ou ressemblants, de Johnny Hallyday. Johnny Rock, Johnny Mirador, Richy, Jo, John Logan, Johnny Call, Christ Jhonny... chacun y va de son hommage ému et tous s'accordent: Johnny aura marqué l'histoire, sa légende continue.

Léa Polverini
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