Monde

Le nez de Meghan Markle est désormais l'un des plus demandés

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 06.12.2017 à 11 h 24

Repéré sur Huffington Post, The Daily Mail

Le débat éthique autour des opérations visant à ressembler à une célébrité est relancé. 

Meghan Markle à Nottingham, le 1er décembre 2017. Par Oli Scarff via AFP.

Meghan Markle à Nottingham, le 1er décembre 2017. Par Oli Scarff via AFP.

«L'effet Meghan» est bien réel. Depuis six mois, et plus encore à la suite de ses fiançailles avec le Prince Harry, l'actrice de Suits est devenue un modèle pour de nombreuses femmes. Du moins son profil, à en croire le chirurgien esthétique new-yorkais Stephen T. Greenberg. Le nombre de ses patientes prêtes à passer sous le bistouri pour avoir un nez identique à celui de la comédienne est en forte augmentation, rapporte-t-il au Daily Mail. Au point de devenir l'un des exemples –voire l'exemple– les plus cités lors des consultations, dépassant ainsi les très populaires Kim Kardashian et Kylie Jenner. Un phénomène similaire avait pu être observé dans les deux ans suivant le mariage de Kate Middleton et du Prince William, précise le journal britannique

Spécialisé dans la rhinoplastie, l'Américain Dr. Philip J. Miller confie lui aussi que le nez de la star est actuellement le point de référence le plus cité par ses patientes. Un désir de ressembler à leur idole ou à une personnalité qu'elles idéalisent qui, comme le souligne le Huffington Post, ne va pas sans poser un certain nombre de questions éthiques. Sur lesquelles les plasticiens sont eux-mêmes divisés. 

«Je voudrais ressembler à...»

La chirurgie esthétique aide chaque année des milliers de femmes et d'hommes à se débarrasser de leurs complexes et à retrouver confiance en eux. Oreilles décollées, nez trop large et bossu ou absence de poitrine, certaines opérations répondent à une véritable souffrance personnelle dans une société où l'apparence est reine. Mais les choses se compliquent lorsque des patientes, au lieu d'aspirer à une version «améliorée» d'elles-mêmes, entrent dans une démarche de mimétisme.

Entre le désir de s'embellir et l'obsession de la transformation, la ligne est plus fine qu'elle n'y paraît. Et c'est là que l'arbitrage du chirurgien entre en jeu. Pour le Dr Miller, il n'est pas forcément malsain de s'inspirer de l'apparence d'une célébrité. «Au fond, les gens trouvent juste telle ou telle personne belle et veulent imiter ses traits.» 

Parmi les nez de célébrités les plus prisés jusqu'alors: Kim Kardashian, Jessica Alba, Natalie Portman, Scarlett Johansson. Avant de se voir détrônés par celui de Meghan Markle qui, en plus d'être considérée comme une comédienne «sexy», incarne aujourd'hui une femme à qui tout réussit. Pas étonnant que son nez, particulièrement symétrique et à la pointe légèrement retroussée, fasse l'objet de nombreuses convoitises, explique le plasticien new-yorkais.


Meghan Markle et le Prince Harry à Londres le 27 novembre 2017. Par Daniel Leal-Olivas / AFP

Près de 60% des clientes du Dr Miller ont recours à des photos de stars pour illustrer leur requête. Une façon, dit-il, de clarifier leur consigne en se basant sur un exemple concret. Chose qu'il peut être difficile de faire avec de simples mots. À cet égard, le Dr. Ramtin Kassir se montre plus nuancé: avant, explique-t-il au Huffington Post, «on nous enseignait qu'il ne fallait surtout pas opérer les patientes qui voulaient ressembler à des stars». Postulat qu'il remettra souvent en question au fil de sa carrière:

«Je préfère qu'elles le disent d'emblée (...). Alors, je peux dire “Oui, je pense que vous avez des similitudes avec Angelina Jolie et qu'il est possible de modifier votre nez à la manière du sien” (...). Ou "Mais vous ne pourrez par contre jamais ressembler à Scarlett Johansson. Elle a un tout autre physique, c'est irréaliste."»

Y a-t-il une ligne rouge à ne pas franchir?

«J'ai le sentiment que lorsqu'il y a une fixation sur un trait physique particulier –le cas le plus typique étant celui des lèvres– l'obsession persistera quoi que l'on fasse. Le patient voudra toujours plus», explique le Dr Miller. Certaines patientes enchaînent les procédures. Il est alors difficile de repérer le moment où la volonté de s'embellir devient une pathologie. Et quand l'évolution devient métamorphose.

Pour le plasticien, la ligne rouge est franchie lorsqu'une femme «veut modifier une de ses caractéristiques physiques qui lui va pourtant très bien». S'il affirme déconseiller certaines opérations, le Dr Miller estime malgré tout que la priorité est que la patiente soit satisfaite. Un point de vue que ne partage pas le Dr Kassir, qui raconte avoir dû cesser de répondre aux demandes d'une patiente déterminée à ressembler à Kim Kardashian. Et ce, même après de multiples mises en garde. D'autant plus, précise-t-il, qu'«on ne peut jamais leur promettre qu'elles ressembleront à la célébrité de leur choix».

Récemment, l'histoire d'une Iranienne de 19 ans ayant subi de multiples interventions chirurgicales pour ressembler à son idole Angelina Jolie a suscité l'effroi de milliers d'internautes. Et pour cause: Sahar Tabar –pourtant naturellement très– ressemble désormais davantage, selon les mots du sulfureux tabloid britannique The Sun, à un «zombie» qu'à l'interprète de Tomb Raider

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Devenues virales sur les réseaux sociaux, ses photos –dont il est difficile de dire si elles sont vraies ou truquées– ont ravivé le débat sur la part de responsabilité des chirurgiens dans ce qui s'apparente à des démarches auto-destructrices. Pour Dr Kassir, il s'agit surtout de choisir entre «se faire de l'argent grâce à ce que l'on accepte de faire» ou «se faire une réputation grâce à ce que l'on refuse». Pour lui, le choix est vite fait.  

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