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Los Angeles est en train de perdre ses mythiques palmiers

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 30.11.2017 à 11 h 59

Repéré sur LA Times

C'est toute l'identité esthétique de la ville qui est menacée. 

Beachin Palm Trees | Thomas Galvez via Flickr CC License by

Beachin Palm Trees | Thomas Galvez via Flickr CC License by

Difficile d'imaginer Los Angeles et Hollywood sans leurs immenses palmiers, devenus le symbole de l'une des villes plus «instagrammable» au monde. Et pourtant, les Californiens et Californiennes vont devoir se préparer à cette idée: les palmacées sont officiellement en voie de d'extinction.

En cause, le développement de champignons néfastes et l'invasion d'insectes dans les parcs et les rues avoisinantes. Un Rhynchophorus palmarum –une espèce d'insecte à l'allure de scarabée, provenant d'Amérique du Sud– pourrait, à lui seul, détruire un palmier en bonne santé. Idem pour les Fusarium, un genre de champignon mortel extrêmement puissant et présent dans les sols californiens.


Rhynchophorus palmarum - Via Wikimedia

30 à 50 ans nécessaires pour que poussent de nouveaux palmiers

Pour ne rien arranger à l'affaire, les autorités de la ville ont décidé de remplacer les palmiers mourants par d'autres types d'arbres locaux, plus résistants à la sécheresse et plus ombrageux. Car en réalité, comme le rappelle le L.A. Times, les fameux «palm trees» ne sont pas nés en Californie. Ils ont été importés, avant de devenir un des piliers du paysage de la ville.

En 1990, Los Angeles comptait près de 75.000 palmiers. Si les autorités de la ville sont certaines que ce chiffre a chuté, elles n'avancent pas de données précises. Les spécialistes se montrent plutôt alarmistes: «Dans 50 ans, la diminution du nombre de palmiers sera flagrante. Elle a déjà commencé», assure Jared Farmer, auteur du livre Trees in Paradise


Quartier résidentiel d'Hollywood - via Pixabay 

Autre mauvaise nouvelle: il faudra patienter 30 à 50 ans pour que poussent de nouveaux palmiers, d'après Leon Borodinsky, arboriculteur du département des «Recreation and Parks» (espaces verts) de L.A. De quoi laisser un grand vide dans les quartiers résidentiels de la «Cité des Anges», dont chaque devanture de maison (ou presque) est parée de l'un de ces arbres iconiques.

L'identité visuelle de L.A. en péril

Le phénomène naturel viendrait bouleverser l'identité-même de la ville, explique Jared Farmer:

«[Les palmiers] représentent la métropole moderne et décentralisée qu'est Los Angeles. Hollywood a renforcé cette image en créant une connexion entre les palmiers, les célébrités, le glamour, le sexe et la richesse extravagante

Ce n'est pas la première fois que l'imaginaire de L.A., véhiculé dans d'innombrables séries télé –de The Hills à Californication en passant par Beverly Hills 90210– se voit menacé. En 2009, le remplacement de 140.000 ampoules des lampadaires traditionnels de la ville par des LED connectées moins gourmandes en électricité, avait fait grincer des dents. La mesure signait l'arrêt de mort de l'éclairage public jaune-orangé de Los Angeles, qui n'a cessé d'inspirer les réalisateurs.

Ryan Gosling dans «Drive»

«Hollywood sera transformé à jamais», avait déploré le spécialiste Dave Kendricken dans un article publié sur NoFilmSchool. Si les palmiers s'éclipsent à leur tour, l'industrie du cinéma pourrait se voir contrainte de repenser complètement l'aura de la ville à l'écran.

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