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Un café vandalisé et boycotté à cause d'une blague sur la gentrification

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 28.11.2017 à 11 h 11

Repéré sur New York Times

Un café branché de Denver a placé une pancarte avec le message: «nous gentrifions joyeusement le quartier depuis 2014». Certains résidents n'ont pas apprécié.

VIA TWITTER

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La semaine dernière, le propriétaire d'Ink Coffee, une chaîne locale de café haut de gamme, a placé une pancarte publicitaire devant un de ses établissements dans le quartier de Five Points à Denver, dans le Colorado. 

D'un côté on peut y lire: «Nous gentrifions joyeusement le quartier depuis 2014». Et de l'autre: «Rien ne symbolise la gentrification comme le fait de pouvoir commander un cortado» (un mélange d'expresso et lait chaud en vogue aux États-Unis).

C'était un commentaire un peu ironique sur le fait qu'Ink Coffee est l'incarnation absolue de la gentrification: un café qui sert des expressos bio et des pâtisseries sans gluten, dans un quartier noir et latino qui attire des hipsters.

Sur Twitter, la blague est très mal passée: 

«On apprécie pas cette pancarte sur Larimer Street. Mauvaise décision. Design Foireux. Nul. Putain.»

Quelques jours après, une fenêtre du café a été brisée et un mur couvert avec le graffiti: «Café pour blancs». Sur Twitter, l'établissement a été accusé de se vanter de «coloniser» le quartier, et les pages Yelp et Facebook d'Ink Coffee ont été innondées de commentaires furieux.

«Black Lives Matter. White Coffee Doesn't»

 

Le propriétaire a publié plusieurs communiqués d'excuses, dans lesquels il explique ne pas avoir assez réfléchi aux impacts négatifs de la gentrification. Malgré tout, près de deux cent personnes ont manifesté devant l'établissement avec des pancartes «Gentrification = Colonialisme Urbain» ou encore «Black Lives Matter. White Coffee Doesn't» («Les vies des noirs sont importantes. Pas le café pour blancs»).

Présent sur les lieux, le maire de la ville a qualifié la pancarte d'«irrespectueuse» et «stupide», mais il a aussi été rapidemement accusé par les manifestants de ne pas faire assez pour limiter l'impact négatif de la gentrification.

L'arrivée de nouveaux développements immobiliers dans le quartier a fait augmenter les loyers et certains résidents –dont beaucoup de membres de la communauté afro-américaine– ont dû quitter les lieux. Le processus est en cours depuis le début des années 2000, mais le symbole est particulièrement fort. Dans les années 1950, Five Points était considéré comme le Harlem de l'Ouest, un haut lieu du jazz et de la culture afro-américaine. 

Le lundi après les manifestations, le café n'avait toujours pas rouvert ses portes.

 

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