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Sus à la pornographie dans nos collèges et lycées!

Laurent Sagalovitsch, mis à jour le 27.11.2017 à 13 h 19

[BLOG] Au lieu de jouer à la marelle, nos enfants préfèrent se passionner pour les quadruples pénétrations anales de la dernière starlette à la mode. Il est grand temps que cela cesse.

Flickr/Michael Coghlan-Pornhub

Flickr/Michael Coghlan-Pornhub

Notre président a mille fois raison: il suffit de cette pornographie qui s'invite dans nos cours de récréation et transforme nos petits pioupious en érotomanes lubriques qui au lieu d'apprendre leurs déclinaisons latines préfèrent se passionner pour les quadruples pénétrations anales de la dernière actrice à la mode.

Sus à la débauche et au dévoiement de notre jeunesse! Halte à cette exaltation de la pornographie qui non seulement dégrade l'image de la femme –simple faire-valoir de mâles au tempérament odieusement érectile– mais aussi contribue à pervertir l'esprit de nos collégiens désormais plus au fait dans l'art de prodiguer fellations et autres caresses scabreuses que de parfaire leurs connaissances en chimie des éléments.

Rendez-vous compte, un gamin d'aujourd'hui, encore prépubère, à peine sorti des jupes de sa mère, boutonneux à rendre jaloux la mercière de mon quartier, en sait plus sur les amours pratiqués en réunion que moi qui depuis des décennies fréquente les meilleurs clubs échangistes de la capitale où l'on me présente comme le chauve à la queue en cavale.

Quand je pense qu'à leur âge, je ne savais rien sur rien; la seule femme que j'avais vue nue était ma mère qui, un jour qu'elle avait oublié son couscous sur la gazinière, sortit précipitamment de la salle de bain et se présenta à moi dans son plus appareil, ce qui dans ma vie de jeune branleur, constitua un acmé érotique à nul autre pareil.

Certes, il m'arrivait bien de temps à autre, quand je désespérais de mon catalogue de La Redoute dont les pages à force d'être tournées et retournées avaient fini par s'épouser, de me frayer un chemin jusqu'au marchand de journaux où je passais la moitié de mon après-midi à attendre le moment propice pour acheter une de ces revues équivoques à l'intérieur desquelles des créatures de rêve se prélassaient dans des poses vaporeuses sur des plages au sable blanc.

Je revenais alors à la maison, triomphant et anticipant déjà les plaisirs à venir, le magazine interdit soigneusement dissimulé sous mon blouson ou alors caché entre le dernier numéro de France Football et celui de Géo, imparable stratagème grâce auquel je passais mes soirées à examiner sous toutes leurs coutures d'impudiques mannequins à qui je suppliais de me révéler les sortilèges de l'amour physique.

En vain.

Plus tard vint l'époque de Canal+ et de ses films honteusement pornographiques, chaîne à laquelle mes parents refusèrent de s'abonner si bien qu'à force de regarder un écran composé d'un brouillard d'images hachées et tressautantes où j'avais toutes les peines à comprendre qui lutinait qui et surtout comment, je finis par ressembler à Dalida avec deux yeux aussi globuleux que ceux d'un esturgeon frappé de paralysie faciale.

Avec comme conséquence que le jour tant attendu où je fus invité à visiter de l'intérieur l'anatomie d'une demoiselle à qui je ne déplaisais pas, je fus si prompt dans mon exploration que ladite demoiselle était encore à s'échauffer que j'avais déjà eu le temps de me rhabiller et de descendre cul-sec un grand verre de menthe à l'eau.

J'ignore quelle eût été ma vie si dans mes jeunes années j'avais eu à me frotter à la pornographie d'aujourd'hui, tout comme j'ignore quelle incidence peut avoir cette dernière sur les rapports entre les hommes et les femmes; je sais seulement que toute jeune personne qui s'éveille à la vie cherche par tous les moyens à satisfaire sa libido par le biais de films, d'images ou de lectures plus ou moins libidineuses sans qu'il y ait matière à s'en offusquer.

Proclamer la guerre à la pornographie n'est encore qu'une tartufferie, une de plus, qui sert la soupe aux partisans d'un puritanisme de plus en plus échevelé, cette hypocrisie de la morale qui voudrait voir dans chaque individu un modèle de vertu tout juste bon à considérer la sexualité par le seul prisme de la procréation.

Je préfère miser sur l'intelligence et le bon sens de nos cadets capables de délimiter la frontière entre fantasme et réalité et d'appréhender leur sexualité dans le strict respect de leur partenaire. 

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Laurent Sagalovitsch
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