Tech & internet

Facebook permet désormais de «prendre ses distances» avec des contacts trop intrusifs

Léa Polverini, mis à jour le 13.11.2017 à 18 h 14

La nouvelle option permet de masquer ses informations à certaines personnes sans avoir à les supprimer.

Capture Facebook

Capture Facebook

Aux États-Unis, depuis deux ans déjà, Facebook se proposait d'«aider» à «faire une pause» avec des «amis» devenus indésirables ou trop importuns. Un changement de statut, du couple au célibat, permettait de remiser son ex dans la liste des «personnes restreintes», limitant ainsi son accès à votre profil personnel, sans avoir à le supprimer de votre liste de connaissances pour autant.

La fonction, accessible depuis la page d'aide, vient d'être étendue à tout contact, en France, avec l'option «prendre ses distances». Elle permet de faire disparaître quelqu'un de son fil d'actualité –chose qui était déjà possible avec la fonction «se désabonner»–, mais surtout de cacher ses propres publications à la personne en question, par un réglage sur les paramètres de confidentialité.

Facebook entend ainsi introduire différents cercles d'intimité, sur une plateforme qui jusque-là se limitait peu ou prou à une distinction entre «amis» et «non-amis». De la vague connaissance à qui l'on n'osait refuser une invitation à l'employeur susceptible, l'option permettrait a priori de se protéger sans froisser les egos des personnes recalées, celles-ci n'étant pas informées du changement.

Un véritable enjeu

 

Le statut juridique de l'«ami» facebookien avait déjà fait l'objet d'un arrêt de la Cour de Cassation en janvier dernier, qui avait établi que «le terme d’“ami” employé pour désigner les personnes qui acceptent d’entrer en contact par les réseaux sociaux ne renvoie pas à des relations d’amitié au sens traditionnel du terme».

Avec cette nouvelle option, Facebook entérine en quelque sorte le fait que ce terme marketing d'«ami» recouvre un vaste ensemble de personnes relevant davantage d'un cercle de sociabilité incolore, et qui se refusait jusque-là à poser les frontières de l'intimité. Elles demeurent discrètes.

En redonnant davantage la main aux internautes sur qui a accès à leur contenu, le réseau social espère sans doute enrayer la tendance à moins partager d'informations sur sa vie privée sur Facebook. Une frilosité qui pourrait à terme mettre en danger son modèle économique. 

Le seul qui réchappe à cela, c'est Mark Zuckerberg, qui dispose toujours quant à lui d'une immunité contre tout blocage.

Léa Polverini
Léa Polverini (1 article)
Journaliste
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