Monde

Aux États-Unis, des tueurs de masse peuvent s'armer à cause d'erreurs de bases de données

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 07.11.2017 à 15 h 31

Repéré sur NPR

L'armée américaine n'avait pas informé le FBI du passé criminel de l'auteur de la fusillade au Texas. De même en 2015, une erreur humaine avait permis au tueur de Charleston d'acheter des armes facilement.

Des agents du FBI près de l'église baptiste de Sutherland Springs au Texas, où 26 personnes ont été tuées le 5 novembre 2017. SCOTT OLSON/AFP

Des agents du FBI près de l'église baptiste de Sutherland Springs au Texas, où 26 personnes ont été tuées le 5 novembre 2017. SCOTT OLSON/AFP

Après la fusillade qui a fait 26 morts dans une église de Sutherland Springs au Texas, les autorités se sont demandées pourquoi le tueur, qui avait fait douze mois de prison pour avoir agressé sa femme et son beau-fils, avait pu acheter plusieurs armes dans des boutiques habilitées.

Aux États-Unis, il est illégal d'obtenir une arme à feu si on a écopé d'une condamnation pour violence conjugale, mais il s'avère que les antécédents judiciaires de Devin Kelley n'avaient pas été correctement enregistrés dans la base de données du FBI.

Le lundi 6 novembre, un représentant du Pentagone a déclaré que l'US Air Force, dont Kelley faisait partie avant d'être arrêté, avait fait une erreur de procédure. L'auteur de la fusillade de Sutherland Springs avait acheté un fusil semi-automatique et trois revolvers après son passage en prison. Le magasin d'armes où il s'était approvisionné avait opéré une vérification d'antécédents, mais sa condamnation n'était pas apparue dans la base de données du FBI.

Comme le révèle le New York Times, l'agression de 2012 pour laquelle Devin Kelley avait été condamné était particulièrement violente: il avait frappé sa femme et fracturé le crâne de son beau-fils alors qu'il était bébé.

Le cas Dylan Roof

 

Un des problèmes est que l'armée a une façon différente de rapporter certains crimes. Alors qu'un tribunal civil aurait spécifié qu'il s'agissait de violence conjugale, le système de l'armée ne parle que d'agression et ne fait pas la distinction. Or, cette distinction est essentielle en ce qui concerne la vente d'armes aux États-Unis: seules les agressions dans le cadre de la violence conjugale (ou celles qui sont passibles d'un an de prison) peuvent bloquer un achat d'armes.

Ce n'est pas la première fois que de telles erreurs de base de données arrivent. En 2015, Dylann Roof, qui avait tué neuf personnes dans un église afro-américaine de Charleston, n'aurait normalement pas pu acheter d'armes en Caroline du Sud, car il avait récemment été arrêté pour possession de drogue. La base de données avait alors indiqué cette condamnation, mais l'agent du FBI chargé de vérifier les antécédents n'avait pas retrouvé le procès-verbal nécessaire. Après un délai de 72 heures, Roof avait pu obtenir l'arme utilisée pour tuer neuf personnes.

De même, Cho Seung-hui, le meurtrier de Virginia Tech, qui a tué 32 personnes sur son campus en 2007, avait des antécédents psychiatriques qui auraient dû l'empêcher d'acheter des armes. Dans son cas, l'État de Virginie n'avait pas transmis les informations sur sa santé mentale aux autorités fédérales.

Même si ce système de contrôle fonctionnait mieux, il serait malgré tout encore possible pour des gens avec des antécédents judiciaires de s'armer. Dans la majorité des États américains, si une personne veut acheter une arme lors d'une vente privée, notamment une foire aux armes, il ne lui sera pas forcément demandé de vérification.

 

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