Double X

Les hommes n'auraient jamais dû avoir le droit de travailler

Ruth Graham, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 02.11.2017 à 18 h 00

Il est temps de le reconnaître: les hommes sont globalement incapables de s'adapter au monde professionnel. Qu'ils restent à la maison.

Par ici la sortie | monicore via Pixabay CC0

Par ici la sortie | monicore via Pixabay CC0

Après la Seconde Guerre mondiale, les hommes ont investi le marché du travail en nombre, accueillis à bras ouverts par des employeurs heureux de satisfaire à leur devoir patriotique. Au cours des décennies suivantes, beaucoup de ces hommes se sont révélés être des professionnels sérieux et compétents. Malheureusement, tous n'ont pas ces qualités. Loin de là.

Au regard des révélations récentes et de la multiplication des cas de harcèlement entre collègues, de menaces sur des subordonnés et de grands producteurs se masturbant dans des plantes vertes, une seule conclusion s'impose: l'expérience du travail masculin a échoué.

Irresponsabilité financière

Commençons par une question d'importance: est-il seulement naturel que les hommes travaillent? On sait, par exemple, que les hommes ne savent pas gérer leur argent. Les entreprises dirigées par des femmes s'en sortent mieux sur les marchés et les femmes sont aussi meilleures en investissements et en économies.

L'idée d'une base biologique à cette irresponsabilité financière masculine a de quoi mettre mal à l'aise. Mais avec leurs salaires bien plus élevés et leur surreprésentation dans les écoles de commerce et les conseils d'administration, les hommes ont joui de toutes les opportunités possibles pour réussir dans le monde des affaires. En d'autres termes, les hommes profitent depuis des dizaines d'années de programmes de discrimination positive spécialement conçus pour eux.

Reste que malgré tous ces avantages, non seulement les hommes ont failli à ces attentes, mais ils ont aussi été responsables de la crise des subprimes, avec arnaque d'investisseurs, liquidation de fonds de retraite durement acquis et déclenchement de krachs dans le monde entier.

Et au lieu d'apprendre de leurs erreurs et de leurs méfaits, ils se sont eux-mêmes accordés moult bonus, avant de faire pression sur le législateur pour qu'il n'empêche pas la redite d'une telle catastrophe. Nous devons nous poser cette question: les hommes possèdent-ils des capacités intellectuelles suffisantes pour que nous leur confions nos ressources les plus précieuses?

Pas seulement débiles, mais aussi dangereux

Mais qu'on accorde aux hommes un généreux bénéfice du doute –tout cela pourrait être bien davantage dû à leur incompétence qu'à leur malfaisance. Et si on limitait simplement leur pouvoir managérial au lieu de les exclure purement et simplement du marché du travail?

Malheureusement, la réalité est cruelle: les hommes ne se contentent pas d'être débiles, ils sont dangereux. Une récente enquête fait état de 30% de femmes ayant eu à subir des avances non désirées sur leur lieu de travail, des faits qualifiables de harcèlement sexuel pour la majorité d'entre elles.

Voici une liste non exhaustive des secteurs concernés par un harcèlement systémique: la publicité, l'agriculture, l'animation, les arts dramatiques, le bâtiment, la restauration, le journalisme, l'université, la justice, les forces de l'ordre, la médecine, la politique, la science, la technologie, l'extraction minière et le yoga.

Nous pouvons multiplier à l'infini les conférences et les tables rondes sur les «hommes de tel ou tel secteur», mais quand comprendrons-nous que ce n'est pas «tel ou tel secteur» le véritable problème?

Esclaves de leur colère

Au travail, les hommes sont trop émotifs. Ils sont esclaves de leur colère, de leur jalousie et de leur fierté. Leur attention est volatile et ils sont prompts aux coups de sang. Et ai-je déjà mentionné le problème du «harcèlement sexuel constant»?

Bien sûr, certains comportements masculins sont parfaitement inoffensifs –comme le glougloutage de Soylent ou la pratique assidue de mini-basket. Mais dans d'autres cas, l'immaturité si «adorable» d'un homme –le goût pour les tweets acrimonieux destinés à des grands de ce monde, par exemple– peut se révéler réellement dangereuse. Accorder de véritables pouvoirs aux hommes est simplement trop risqué.

Il faut le reconnaître, certains hommes ont fait de leur mieux pour s'adapter au monde professionnel, en s'interdisant par exemple de se retrouver en tête-à-tête avec une femme. Et pourtant, encore et toujours, ils n'arrivent pas à se contrôler: ils agressent, chopent, harcèlent, matent, tripotent, menacent, «plaisantent» et ainsi de suite.

Une faillite qui aura engouffré des dizaines de millions de dollars en frais de justice et fait des dizaines de millions de victimes. Réfléchissez aux coûts financiers et émotionnels que nous aurions pu nous épargner si les hommes étaient restés à leur place, c'est-à-dire à la maison.

Si quelques perles rares sont capables de tenir en bride leur faible nature et de se comporter convenablement au travail, il est temps de se rendre à l'évidence: arrêtons les frais et terminons-en avec cette grande expérience.

 

Ruth Graham
Ruth Graham (8 articles)
Journaliste
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