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Piétons et joggers: qui a la priorité?

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 08.10.2017 à 17 h 22

Repéré sur The Guardian

En plein dans sa course, on ne sait parfois pas s'il faut se décaler, s'arrêter, ou foncer dans le piéton d'en face.

 Jogging in Central Park (New York City, NY, USA) | Patrick Gruban via Flickr CC License by

Jogging in Central Park (New York City, NY, USA) | Patrick Gruban via Flickr CC License by

Vous soufflez régulièrement, en vous concentrant sur chacune de vos foulées, vos écouteurs sur les oreilles. Et c'est au moment où vous avez atteint votre rythme de croisière qu'un piéton choisit de se planter devant vous, sur un trottoir beaucoup trop étroit pour vous deux; qui passera?

Un doctorant de l'Université de Londres a observé ce genre de situations, avec des collègues de l'Université de Plymouth. Ils ont ainsi pu interroger des joggers qui, à chaque fois qu'ils sortent courir, sont confrontés à ce type de scénarios. Simon Cook expose leurs résultats dans le Guardian.

Parmi les milliers de personnes qui se sont mises au jogging, seules 20% d'entre elles se rendent sur une piste d'athlétisme pour s'entraîner. Elles se retrouvent donc à courir dans la rue, entre les «chiens, les enfants sur des scooters, les pavés irréguliers, les lampadaires, les files d'attentes aux abris de bus et les vélos». Et puis, surtout, entre les piétons, relève Simon Cook:

«Chaque jogging est ponctué de moments où il est nécessaire de négocier l'espace avec eux.»

Même si la majorité des coureurs estiment que ce dit espace leur appartient autant qu'aux piétons, et que la responsabilité de se laisser passer incombe donc tant aux uns qu'aux autres, la réalité est bien différente. Les chercheurs ont pu observer que bien souvent, ce sont les joggers qui font en sorte d'éviter une collision avec la personne qui arrive tranquillement devant eux. Pour cela, trois techniques possibles: «choisir un côté, se décaler sur la route, ou slalomer»

Dans le premier cas toutefois, on pourrait parler d'une vraie négociation: par son regard et ses mouvements, le jogger «indique ses intentions, mais il compte sur le piéton pour lui répondre de manière appropriée», décrit Simon Cook. Plus de négociation en revanche quand le jogger décide de descendre du trottoir ou d'éviter habilement tous les obstacles piétonniers qui se présentent devant lui.

Les chercheurs en concluent que malgré les revendications des coureurs de disposer du même droit d'occuper l'espace que les piétons, ce partage reste aujourd'hui très inégalitaire. Comme sont régis les rapports - avec plus ou moins d'efficacité - entre piétons, cyclistes et automobilistes, ne serait-il pas temps d'instaurer des règles pour des relations plus égalitaires entre les piétons et les joggers?

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