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Pourquoi il est si difficile d'éradiquer le rhume?

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 07.10.2017 à 17 h 16

Repéré sur The Guardian

Depuis des décennies, les chercheurs tentent de trouver un remède miracle ou un vaccin à cette maladie qui nous fait tousser et éternuer.

Cold? | Allan Foster via Flickr CC License by

Cold? | Allan Foster via Flickr CC License by

Chaque année, les mêmes symptomes refont surface: nez qui coule, gorge qui gratte... et votre voisin de bureau se mouche à longueur de journée. Les adultes attrappent un rhume deux à quatre fois par an, rapporte le Guardian. Un chiffre qui peut monter jusqu'à dix pour les enfants.

Depuis l'Égypte ancienne, médecins et scientifiques ont cherché à trouver des remèdes à ce rhume - à ne pas confondre avec la grippe! Ils ont cru pendant longtemps qu'il s'attrappait dans le froid, ou par la salive. Mais les expériences ont montré que ni la température extérieure ni les longs baisers langoureux ne sont directement en cause lorsqu'arrive cette période où vous ne pouvez plus vous passer de vos mouchoirs.

Sous l'influence des découvertes de Pasteur, des scientifiques ont vite pensé à créer un vaccin contre le rhume. En 1953, l'épidémiologiste américain Winston Price est le premier à obtenir des résultats. Mais ceux-ci se soldent vite par un échec, qui permet toutefois de découvrir pourquoi un tel vaccin est si difficile à concevoir: il n'y a pas qu'un seul virus à l'origine du rhume, mais plusieurs centaines!

Selon le Guardian, les chercheurs ont jusqu'à présent identifié sept familles de virus qui enclenchent les symptomes du rhume. «Et chacune d'entre elles se déclinent en 200 sous-virus environ, appelés sérotypes», précise le quotidien britannique. La famille de virus la plus connue et la plus répandue est celle du rhinovirus: elle est à l'origine des trois quarts des rhumes chez l'adulte. C'est donc sur elle que se sont concentrés les scientifiques qui ont tenté de mettre au point un vaccin. Mais avec l'arrivée de virus comme le Sida, les recherches sur le rhume ont été quelque peu oubliées.

Depuis quelques années cependant, des chercheurs s'intéressent de nouveau à lui. Plutôt que de s'attaquer à tous les stérotypes du rhinovirus, les Britanniques Sebastian Johnston et Jeffrey Almond ont eu l'idée de viser cette «minuscule partie de la structure d'un virus que l'on retrouve dans tous ses dérivés». Une approche qui a porté ses fruits «pour les vaccins de l'hépathite B ou du papilloma virus humain», assure le Guardian. Malgré des résultats encourageants, les laboratoires pharmaceutiques n'ont toutefois pas suivi les deux chercheurs. L'an dernier, c'est l'Autrichien Rudolf Valenta qui affirmait être sur la voie d'un vaccin efficace. Mais là encore, «il reste un long chemin à parcourir» avant de le voir arriver sur le marché, rapporte The Independent. Le Guardian fait également état des travaux de l'américain Martin Moore qui, comme dans les années cinquante, a décidé de viser les quelques 160 stérotypes qui composent le rhinovirus. Après des tests sur les chimpanzés, il espère pouvoir mener bientôt des essais cliniques.

Mais le chercheur ne vise pas une commercialisation avant «dix à quinze ans». Le temps d'apaiser - ou peut-être de renforcer - les débats actuels autour de la vaccination?

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