Science & santé

Si vous ne riez pas quand vos amis rient, peut-être que vous êtes un psychopathe

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 01.10.2017 à 16 h 05

Repéré sur Current Biology

Une étude montre que ceux qui ne trouvent pas le rire contagieux pourraient avoir des troubles du comportement social.

Le rire est contagieux, c'est bien connu. Des chercheurs du Collège Universitaire de Londres sont partis de ce constat pour mener une étude sur la psychopathie, parue dans la revue Current Biology. Le résultat montre que ceux pour qui le rire n'est justement pas contagieux pourraient bien être des psychopathes.

«Le rire est une expression universelle de l'émotion, écrivent-ils, il est utilisé pour maintenir des liens sociaux [...] La nature sociale du rire est évidente dans la mesure où un individu a trente fois plus de chances de se mettre à rire lorsqu'il est avec d'autres personnes que lorsqu'il est seul.» Face à ces contats, le rire leur est apparu comme une «preuve idéale» pour étudier les personnes souffrant de troubles du comportement social. Peu de recherches ont pourtant été engagées de cette manière; les études se focalisent généralement sur la réaction des personnes potentiellement psychopathes face à la souffrance des autres, et non face à leur joie.

Les scientifiques du Collège de Londres ont donc observé une centaine de garçons âgés entre 11 et 16 ans. Les deux tiers présentaient des troubles du comportement plus ou moins sévères. On leur a fait écouté à la fois des éclats de rires, des rires plus calmes, mais aussi des pleurs. À chaque fois, les chercheurs ont observé l'activité cérébrale de ces enfants, en fonction des sons entendus. Après l'expérience, les jeunes garçons ont notamment dû répondre à la question suivante:  à quel point entendre ces rires vous donnent envie de vous joindre à celui qui rit et/ou à partager son émotion?

Tant sur les résultats des imageries du cerveau que dans les questionnaires, les chercheurs ont pu constater que les enfants qui présentaient des troubles du comportement réagissaient moins aux rires entendus:

«Les réactions dans leur partie antérieure du cortex étaient moindres, une région pourtant censée faciliter la réponse automatique à des marques auditives d'émotions.»

Pour la première fois, ces chercheurs ont donc démontré que les garçons souffrant de troubles du comportement présentaient des «réactions neuronales atypiques face au rire, qui joue un rôle majeur dans l'appartenance sociale et dans la promotion et le maintien des liens sociaux.»

Les auteurs de cette étude reconnaissent cependant que d'autres expériences devront être menées en ce sens, notamment en incluant des filles, pour venir approfondir ces résultats. Le journal The Independent précise que la même équipe de chercheurs pourraient bientôt observer les réactions de personnes potentiellement psychopathes face à des «visages souriants, des démonstrations d'affection et des phrases d'encouragement.»

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