Economie

Le nom de votre emploi influe sur votre rendement

Repéré par Thomas Messias, mis à jour le 24.09.2017 à 14 h 08

Repéré sur BBC

Managers, vice-présidents, bonnes fées... Enjoliver l'appellation de votre emploi peut permettre de gagner en confiance et en estime de soi. Quitte à vous faire oublier que ça ne paie pas les factures.

 Street workers | Damon Jah via Flickr CC License by

Street workers | Damon Jah via Flickr CC License by

Il suffit de presque rien pour booster la motivation de certains salariés sans rien faire dépenser à son entreprise. Un article de la BBC revient sur cette tendance qui consiste à changer la dénomination de certains postes afin de donner à certains travailleurs l'impression qu'ils sont montés en grade et qu'ils sont en train de prendre de l'importance au sein de leur firme. Et tout cela sans la moindre augmentation de salaire.

Une étude britannique a montré par exemple que le pourcentage de «managers» payés moins de 1.600 livres (1.800 euros) par mois était passé de 37% à 60%. Diminutions de salaire? Non: jobs qui changent de nom afin de gonfler l'ego des employés.

Réaliser qu'ils n'ont changé ni de responsabilités ni de salaire pourrait pousser certains employés à taper du poing sur la table. Il n'en est pourtant rien: en donnant l'impression (y compris à eux-mêmes) qu'ils ont grimpés quelques échelons, ils acquièrent une assurance supplémentaire qui les ferait devenir plus performants, mais également plus entreprenants.

Veep

De nombreux témoignages font état de la création du titre de «vice-président(e)» dans bon nombre d'entreprises... qui n'en ont fait qu'une simple distinction honorifique destinée à brosser dans le sens du poil l'un des bras droits du patron ou de la patronne. Dans un autre genre, les employés américains de Disneyland sont désignés comme des cast members lors des conférences, afin d'avoir l'impression si gratifiante d'être des artistes et non de simples surveillants de manège.

C'est d'ailleurs ce dernier exemple qui a motivé Susan Fenters Lerch, qui fut présidente de la fondation Make A Wish, à se choisir un nouveau titre et à pousser ses employés à faire de même. C'est ainsi qu'elle a choisi de se décrire comme une bonne fée («fairy godmother of wishes»). Dix-huit mois plus tard, le bilan était le suivant: beaucoup se sentaient enfin considérés à leur juste valeur et beaucoup moins épuisés émotionnellement. Un test similaire mené dans un hôpital aurait permis de réduire le nombre de burnouts de 11% en quelques semaines.

Des changements de dénomination permettraient aussi de changer au moins en partie le profil des postulants et postulantes. C'est ce que racontent les dirigeants d'une entreprise nommée Buffer, dont l'équipe technique était officiellement constituée de «hackers», tous des hommes. En décidant de ne plus utiliser ce mot et de plutôt rechercher des développeurs et développeuses, la société a reçu bien plus de candidatures de la part de femmes. Celles-ci occupent désormais 11,5% des postes de ce secteur, ce qui est reste peu, mais constitue néanmoins une évolution significative.

Reste que ces changements de dénominations sont encore bien trop souvent de la poudre aux yeux d'employés qui se sentiraient nettement mieux dans leur job et dans leur vie grâce à des augmentations de salaire plus conséquentes ou à des améliorations de leurs conditions de travail. Les mots ont un sens, ils revêtent même une importance capitale, mais une jolie appellation ne remplacera jamais de la vraie considération.

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