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Liliane Bettencourt disparue, l'héritière de Walmart Alice Walton est désormais la femme la plus riche du monde

Claire Levenson, mis à jour le 22.09.2017 à 9 h 38

Issue d'une famille conservatrice qui a fait fortune avec les hypermarchés, Alice Walton est une collectionneuse d'art américain qui a financé la campagne d'Hillary Clinton.

Alice Walton aux National Arts Awards à New York le 19 octobre 2015. D DIPASUPIL/GETTY/AFP

Alice Walton aux National Arts Awards à New York le 19 octobre 2015. D DIPASUPIL/GETTY/AFP

Avec le décès de Liliane Bettencourt, l'héritière des hypermarchés Walmart Alice Walton est désormais la femme la plus riche du monde, avec une fortune estimée à 33,8 milliards de dollars. Elle avait brièvement occupé cette place de numéro un en 2016, lorsque les fluctuations des marchés boursiers l'avait fait passer devant l'héritière de L'Oréal, qui avait repris sa place de numéro l'année suivante en accumulant 39,5 milliards de dollars - les deux femmes suivantes dans le classement Forbes étant les héritières des groupes agroalimentaires Mars et Ferrero.

Fille de Sam Walton, le fondateur de la chaîne de supermarchés Walmart, Alice Walton, qui a 67 ans, n'a jamais eu de rôle actif dans le management de l'entreprise familiale, contrairement à ses frères. Elle s'est très tôt intéressée à l'art - à dix ans, elle achetait sa première reproduction, le Nu Bleu de Picasso - et sa collection personnelle s'élève selon les estimations à 500 millions de dollars. Elle possède notamment des oeuvres d'Andy Warhol, de Norman Rockwell et Georgia O'Keefe. Afin d'exposer sa collection d'art américain des 19eme et 20eme siècles, Walton a créé en 2011 le musée d'art américain Crystal Bridges, conçu par l'architecte Moshe Safdie à Bentonville dans l'Arkansas, non loin du quartier général de Walmart.  

L'idée de construire ce musée dans une ville d'environ 40.000 habitants d'un des Etats les plus pauvres des Etats-Unis visait à revitaliser la région en attirant des touristes. De 2011 à 2015, l'établissement a déjà séduit plus de 2 millions de visiteurs. La famille Walton tente maintenant de convertir une usine désaffectée de la ville en espace d'art contemporain.

Les débuts de Walton sur le marché art furent critiqués tant l'image de Walmart - des hypermarchés sans âme qui ont causé la ruine financière de petites boutiques de centres villes - était opposée à l'idéalisme de l'art qu'elle collectionnait.

Depuis, le monde de l'art a largement reconnu les efforts et le sérieux d'Alice Walton, qui vient également de monter Art Bridges, une organisation qui encourage le prêt d'oeuvres et qui financera les expositions utilisant les tableaux du musée Crystal Bridges.

Walmart, une entreprise critiquée

Malgré son intérêt pour l'art et son implication limitée dans l'entreprise familiale, Alice Walton, deux fois divorcée et sans enfants, a souvent été la cible de militants qui demandent de meilleures conditions de travail dans les hypermarchés Walmart. Aux Etats-Unis, l'entreprise est connue pour ses salaires horaires bas (7,50 euros minimum), ses contrats précaires et son positionnement anti-syndicats. En 2015, une enquête de Bloomberg avait révélé que l'entreprise avait un service d'espionnage privé pour surveiller les employés un peu trop militants. 

En 2011, des employés de Walmart et des militants d'Occupy Wall Street avaient organisé des manifestations dans plusieurs villes le jour de l'ouverture du musée Crystal Bridges. Ils voulaient dénoncer le plafonnement des salaires et l'augmentation des cotisations pour l'assurance maladie, alors que des millions étaient investis dans un musée - la fondation de la famille Walton ayant donné 1,2 milliard de dollars de dotation pour le musée.

En 2014, des employés avaient également manifesté devant l'appartement new-yorkais d'Alice Walton, pour demander une augmentation salariale et des contrats plus stables.

Si le fondateur de Walmart, Sam Walton, était conservateur, certains de ses héritiers ont tendance à être plus à gauche. En 2008, son petit-fils Sam a fait un don de 300.000 dollars pour la campagne de Barack Obama, et en 2016, Alice Walton a subventionné à hauteur de 350.000 dollars un groupe soutenant Hillary Clinton. Ses contributions politiques précédentes avaient pourtant toujours été en faveur des républicains, dont 2 millions de dollars pour soutenir la réélection de George W. Bush en 2004. Walton connaissait Hillary Clinton du temps où Bill Clinton était gouverneur d'Arkansas et Hillary, alors avocate, était la seule femme à faire partie du conseil d'administration de Walmart. 

 

 

Claire Levenson
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Journaliste
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