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Une Suédoise s'insurge contre le patriarcat canin

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 19.09.2017 à 11 h 33

Repéré sur StockholmDirekt, Nyheter24

Et trouve «très effrayant que les rôles genrés de la société se reflètent dans le monde culturel animal».

Mademoiselle chihuahua | Newtown grafitti via Flickr CC License by

Mademoiselle chihuahua | Newtown grafitti via Flickr CC License by

Carola Kastman n'est pas contente. Cette artiste suédoise n'a pas le droit de promener sa petite chienne, Coco, dans les parcs de Stockholm lorsque celle-ci a ses chaleurs –soit pendant trois semaines environ, deux fois dans l'année– alors qu'aucune restriction de ce type n'existe pour les chiens mâles. Selon Kastman, qui vit dans le quartier branché de Södermalm, il s'agit tout simplement d'une discrimination sexiste contre laquelle elle a bien l'intention de lutter, notamment par une campagne d'affichage et la sollicitation des autorités municipales.

«C'est très intéressant et très effrayant que les rôles genrés de la sociétés se reflètent dans le monde culturel animal. Il est temps que les choses changent.», explique Kastman dans le journal local StockholmDirekt.

Sa solution: des parcs canins non-mixtes où les chiennes pourraient s'ébrouer librement, sans courir le risque d'être harcelées par des bandes de toutous vicelards, comme on peut le voir sur une vidéo postée sur le compte Instagram de Coco.

«Jamais je n'aurais pu croire que le patriarcat ait pénétré les parcs canins. C'est une question politique majeure. Je ne serai pas satisfaite tant qu'il n'y aura pas au moins un parcours pour chiens réservé aux femelles dans chaque quartier».

Dans une tribune publiée par le webmagazine Nyheter24, Kastman précise:

«Dans Stockholm et sa périphérie, on comptait environ 110.467 chiens en 2015. La moitié d'entre eux, par conséquent, pourraient être privés de jeu deux mois par an. Pourquoi est-ce aux femelles d'être punies alors que ce sont les mâles qui causent le plus de problèmes?».

Sauf que si l'idée semble bonne «en théorie», l'éducatrice canine Emelie Draper renifle la catastrophe, comme elle l'explique dans sa chronique sur StockholmDirekt: «en pratique, les chiennes en chaleur risquent de se battre très violemment. (...) C'est une question de biologie (...), pas de normes patriarcales».

De fait, comme beaucoup de féministes, Kastman semble avoir pris le problème à l'envers: chez les chiens, comme dans tout le règne animal, les différences sexuées, qui débutent dès l'anisogamie, précèdent les rôles genrés, en accord avec le principe de Bateman.

Chiens et chiennes sont d'ailleurs particulièrement perspicaces quand il s'agit de différencier les hommes des femmes et de leur assigner des caractéristiques «traditionnelles», en trouvant par exemple les femmes en moyenne plus coopératives et généreuses que les hommes.

Ce qui ne veut pas dire que les toutous soient condamnés à se mettre la misère, que ce soit entre mâles et femelles (compétition intersexuelle) ou entre femelles (compétition intrasexuelle). Pour pouvoir se promener sereinement, Emelie Draper conseille une technique qui a depuis longtemps fait ses preuves: la stérilisation, et ce le plus tôt possible dans la vie de son meilleur ami à quatre pattes.

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