Parents & enfants

L'amende, meilleure parade contre les retards des élèves?

Repéré par Thomas Messias, mis à jour le 05.09.2017 à 11 h 27

Repéré sur Fox 13

Un lycée de l'Utah fait parler de lui en raison de sa façon un peu particulière (mais pas unique) de lutter contre les retards répétés de ses élèves.

Back to School - Where does the sandwich go? | Eshed Gal-Or via Flickr CC License by

Back to School - Where does the sandwich go? | Eshed Gal-Or via Flickr CC License by

Au lycée de Stansbury dans l'Utah aux États-Unis, la direction teste actuellement une nouvelle parade contre les trop nombreux retards qui nuisent au bon déroulement des cours. Afin d'éviter que les élèves n'arrivent après la sonnerie du matin ou traînent dans les couloirs entre deux heures de cours, l'établissement a décidé de viser directement le porte-monnaie des lycéens et lycéennes (et plus certainement celui de leurs parents), comme l'explique Fox13.

Après un simple avertissement lors du premier retard constaté, une amende de 3 dollars est donnée dès le deuxième retard. À partir du troisième, la douloureuse monte à 5 dollars. Une mesure qui divise au sein des parents d'élèves, qui estiment que la direction du lycée aurait au moins dû les consulter avant de prendre cette mesure. D'autres crient carrément à l'injustice, puisqu'il est évident que ces amendes auront des impacts bien différents sur les finances des familles en fonction de leur niveau de vie.

Le lycée de Stansbury n'est pas le premier à tenter de combattre les retards de cette manière. Dès 2011, plusieurs écoles françaises ont choisi de donner une amende aux parents qui n'arrivaient pas à l'heure à la sortie de l'école. Si certains établissements avaient choisi des tarifs très dissuasifs (5 euros le quart d'heure pour l'école de Bourogne, dans le territoire de Belfort), d'autres adaptaient le montant des amendes en fonction du quotient familial de chaque foyer (de 1 à 10 euros dans les écoles d'Asnières-sur-Seine). Le but était surtout de lutter contre les retards des parents qui ne venaient pas chercher leurs enfants avant la fin de la garderie (généralement fixée à 18h30), contraignant le personnel enseignant à effectuer des heures supplémentaires imprévues.

Dissuasion et extorsion

 

En Grande-Bretagne, plus de 500 écoles auraient fait le choix de pénaliser les familles dont les enfants arriveraient régulièrement en retard à l'école. Une amende de 60 livres (environ 65 euros) attend les spécialistes du retard, ce montant étant doublé en cas de non paiement dans les trois semaines suivant la distribution de l'amende. Une mesure qui, tout en se voulant dissuasive, relève quasiment de l'extorsion de fonds.

À Asnières, la mairie avait constaté une baisse significative dans les mois suivant la mise en application. Sur onze centres étudiés par deux chercheurs, le nombre de retard avait ainsi diminué de presque moitié. Toutefois, après un certain temps, la durée des retards avait tendance à légèrement augmenter. Malgré ses résultats encourageants, le nouvel édile a voulu y mettre fin l'année suivante pour tester d'autres méthodes jugées moins stigmatisantes.

En 2015, alors ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem avait affirmé son opposition à de telles mesures, précisant qu'elle préférait de loin que les écoles privilégient le dialogue avec les familles. De nombreux collèges et lycées français ont opté pour d'autres méthodes, comme celle qui consiste à refuser aux élèves retardataires d'entrer en classe avant l'heure suivante et à les contraindre de rester une heure supplémentaire le soir même afin de rattraper le cours manqué.

lycéeparentsretardamende
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux.
> Paramétrer > J'accepte