Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 4

Contenu partenaire, mis à jour le 05.09.2017 à 13 h 22

Au programme : un cavalier, un genre à se trouver et des débats à vous exploser le cerveau

They / The Rider

They / The Rider

Je crois que l’un des moments les plus agréables dans les festivals de cinéma, c’est celui où l’on peut, après le film, se laisser aller à tous les débats, interrogations et autres discussions sur ce que l’on vient de voir. Les prises de bec infinies sur un acteur, un réalisateur, sur un parti pris de mise en scène, une histoire ou un personnage après un film qui nous a bouleversés, révulsés ou, mieux, que l’on a détesté, ne sont-elles pas finalement la partie la plus intéressante d’un film? Comme disait Patricia Arquette dans True Romance: «après le cinéma, j’aime bien parler du film devant une part de tarte.»

Ce moment est l’occasion de mûrir, de réfléchir, de s’interroger sur ce que l’on vient de voir, de confronter ses propres émotions à celles des autres. Soyons honnêtes, je n’ai jamais changé d’avis sur un film parce qu’un inconnu m’a sorti une théorie fumeuse sur la raison pour laquelle Mon Curé chez les nudistes est un grand chef d’oeuvre incompris et Paul Préboist le Daniel Day-Lewis de la comédie française.

Mais je suis persuadé que les bons arguments assénés avec la bonne force de conviction seraient capables de m’éclairer et de me montrer quelques très intéressantes vérités. Comme dans cette scène de Sleep with me, présenté en compétition à Deauville en 1994, où Quentin Tarantino explique que Top Gun est le plus grand scénario jamais écrit à Hollywood car, derrière les histoires d’avions de chasse, il y a en fait la lutte d’un homme avec son homosexualité. De ce genre de grande révélation mystique digne d’un cours de physique quantique par Stephen Hawking, j’en rêve. Et un festival de cinéma comme Deauville, bien aidé par quelques coupes de champagne, est le lieu idéal pour ça.

Sélection audacieuse

Toutes ces discussions en sortie de salles, devant les toilettes, à la sortie de l’auditorium, jusqu’à la soirée au Kiehl’s Club sont au centre de la fête. C’est son coeur battant. D’autant que la sélection offerte par le Festival cette année est particulièrement audacieuse. Evidemment, la tarte de Rooney Mara occupe encore beaucoup de place, tout comme la Catwoman d’Aubrey Plaza dans Ingrid Goes West. Mais les deux très radicaux films en compétition aujourd’hui avaient aussi largement de quoi faire parler.

Le premier, They, raconte l’histoire de J, pré-ado «non binaire» qui arrive au point de non-retour, ce moment où elle doit définitivement choisir un sexe, ne serait-ce que physiquement. Car J ne parvient pas à se reconnaître ni en fille ni en garçon. J n’est ni lui ni elle, J est «eux». J est à la fois les deux sexes sans en être aucun. Bref, un sujet rare, voire carrément inédit au cinéma. Personnellement, le sujet m’a interpellé pour la première fois, il y a seulement quelques mois, grâce au premier personnage non-binaire dans une série télé. C’était dans Billions aux côtés de Paul Giamatti et Damian Lewis. Ce premier film américain produit par Jane Campion (La Leçon de piano), par ailleurs réalisé par une jeune iranienne Anahita Ghazvinizadeh, élève de Abbas Kiarostami, a de quoi surprendre et de quoi alimenter les discussions pendant (au moins) quelques jours jusqu’à dimanche.

Le second film, The Rider, est le deuxième réalisé par Chloé Zhao qui avait déjà présenté à Deauville Les Chansons que mes frères m’ont apprises en 2015. Comme son premier film, The Rider se déroule dans le Dakota du sud, dans une petite communauté très rurale où vivent cowboys blancs et amérindiens. Après des films âpres et très urbains comme Beach Rats ou Good Time, le film est une bouffée d’air frais à double titre. D’abord, pour ses paysages à couper le souffle qui avaient déjà inspiré Danse avec les loups à Kevin Costner ou La Balade Sauvage à Terrence Malick. Ensuite, pour ses personnages à milles lieues de tout ce que l’on connaît.

Difficile retour à la vie

Récit de l’histoire vraie de Brady Jandreau, qui joue son propre rôle aux côtés de sa propre famille et amis, The Rider raconte le difficile retour à la vie d’un cowboy de rodéo après un accident qui l’empêche de faire la seule chose qu’il aime. A l’heure des super-héros interchangeables, The Rider est unique et bouleversant par la seule grâce de personnages habituellement invisibles ou amplement caricaturés. A l’image d’une incroyable scène de dressage d’un cheval sauvage, le film hypnotise et imprime la rétine.

Comme They et sa réalisatrice à peine trentenaire d’origine iranienne, The Rider est réalisé par une jeune femme que tout oppose, a priori, aux gens qu’elle filme. Chloé Zhao est en effet née à Pékin et a été élevée à New York, très loin du Dakota du sud où elle a tourné ses deux films.

Comment en arrive-t-on à s’exiler au coeur même de l’Amérique quand on est une femme née à l’autre bout du monde dans une dictature communiste? Comment en arrive-t-on à parler du genre quand on a été élevé dans une société conservatrice et autoritaire comme l’Iran?  Comment parle-t-on de genre? Et c’est quoi le genre? Et comment est le travail avec des acteurs non professionnels?

Des questions qui m’ont trotté toute la journée dans la tête et auxquelles j’aurai sûrement, après une courte nuit de sommeil, quelques réponses bien fumeuses à livrer. A moins que ce ne soit le champagne qui fasse effet. Dans ce cas, si vous me croisez demain, hochez la tête en faisant comme si vous m’écoutiez. Ce sera juste cinq-dix minutes un peu pénibles à passer.

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David Périneau
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