Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 3

Contenu partenaire, mis à jour le 04.09.2017 à 18 h 34

Au programme : de la photo de toast à l'avocat, Casey Affleck sous un drap blanc, une tarte et des sièges qui claquent, mais surtout Jeff Goldblum dans tous ses états

DR David Périneau

DR David Périneau

Il y a une star à Deauville qui est partout, à toutes les projections et de toutes les fêtes. Elle est multiple, très accessible. En fait, elle se balade avec chaque festivalier. On la sort à chaque moment fort. Cette star, c’est Instagram. Pas une seconde ne se passe depuis trois jours sans que mon regard ne croise quelqu’un, les yeux rivés sur son smartphone, en train de croper, placer un filtre, tagger et poster un photo sur la célèbre application. Et, avouons-le, je suis l’un d’eux.

C’est une obsession, une addiction, celle qui nous pousse à dégainer notre smartphone pour le moindre événement, la moindre impression de beauté. Comment s’en empêcher? Instagram nous permet de montrer qu’on est là, qu’on existe, qu’on mène une vie excitante, belle et bien remplie et, en retour, d’être reconnu par les autres à base de «like».

Alors, forcément, devant Ingrid Goes West, le quatrième film de la compétition, on s’identifie. Aubrey Plaza y incarne Ingrid, une jeune fille obsédée par Elizabeth Olsen, une de ces «influenceuses» du réseau social, une de ces gourous du bon goût qui instagrament leur vie comme les héroïnes de leur propre magazine lifestyle. Entre une photo d’exposition ou de concerts de groupes à la mode et celle d’un toast à l’avocat pendant un brunch végétarien, entre un cliché de restaurant branché et celui d’un mariage de princesse et de vacances de rêves (toujours avec le bon filtre), Ingrid est fascinée par des vies qui n’ont de perfection que l’apparence, par des vies dont elle a forcément l’impression qu’elles sont à l’opposé de la sienne, triste et morne comme un repas de fast-food vite avalé et vite évacué. Qui ne l’aurait pas?

En quête de sens

C’est finalement une histoire vieille comme le monde et le cinéma. Le producteur du film, Jared Goldman, l’a rappelé: «après que Matt Spicer et David Branson Smith m’ont envoyé le scénario, on a parlé de films comme La Valse des Pantins de Martin Scorsese, de Chuck & Buck de Miguel Arteta, du Talentueux Monsieur Ripley d’Anthony Minghella et toutes ces histoires sur l’obsession, en particulier à l’ère des réseaux sociaux.»

Ingrid, derrière ses yeux exorbités et ses choix douteux, est finalement comme nous tous, en quête de sens, à chercher ce qui nous lie tous les uns aux autres. Elle cherche sa place dans le monde, un thème qui est étrangement celui de l’autre film du jour de la compétition, le sublime A Ghost Story.

Dans cette espèce de remake très expérimental de Ghost avec Patrick Swayze et Demi Moore, Casey Affleck incarne un musicien mort qui, recouvert d’un drap blanc, va venir hanter (malgré lui?) la maison dans laquelle il vivait avec sa compagne, incarnée par Rooney Mara. Certes, le cinquième film de David Lowery, qui revient au cinéma indépendant après un passage par Hollywood (Peter et Elliott le Dragon), ne rend pas la tâche facile au spectateur. Une scène de presque dix minutes montrant Rooney Mara en plan fixe en train de manger une tarte a fait claquer de nombreux sièges dans l’auditorium et provoqué des applaudissements, et même un «bravo», quand l’actrice va vomir le dessert dans les toilettes, mais il récompense au centime près les plus fidèles. A Ghost Story explore en effet avec une bouleversante mélancolie et une magnifique beauté plastique le sens que l’on donne aux autres et aux endroits que l’on visite.

Hanter une maison pendant des siècles ou «liker» une photo sur Instagram, même combat: ils définissent notre rapport au monde et l’impact que l’on veut laisser sur les autres et sur ces lieux que l’on a partagés avec eux. C’est ce que je fais quand je poste le tapis rouge de Deauville sur Instagram. Idem avec Vanessa Guide, Caroline Anglade ou Betty Autier. Même Jeff Goldblum, auquel le Festival a rendu hommage ce soir, était fier de raconter aux 1500 personnes de l’auditorium venues l’acclamer que l’épouse du maire de Deauville avait instagramé leur rencontre.

Il a trouvé intéressant de partager cette anecdote, malgré une présence minimale sur le réseau social: à peine 35 photos en deux ans. Mais sa place dans le monde, il l’a définitivement trouvée comme il l’a montré dans le taxi du Kiehl’s Club où je lui ai posé quelques questions sur le cinéma américain.

 

 

«Ma vie appartient à la communauté...»

L’acteur, iconoclaste né, ne peut pas laisser indifférent et inspire tout un tas de situations surréalistes. «Vous êtes né en quelle année? Ah oui, 1987, vous n’avez pas connu La Mouche alors. Mais par contre, Jurassic Park, vous avez dû le voir», disait par exemple un groupe de policiers municipaux qui discutaient à bâtons rompus de l’acteur avec un groupe de jeunes dans une rue de la ville.

Quelques heures après notre rencontre, déjà bien assez étrange, l’acteur a mis le feu à l’auditorium en racontant pêle-mêle son envie, à 15 ans, dans son Pittsburgh natal, de devenir mime comme Marcel Marceau, puis la perte de sa virginité à 18 ans, en chantant la Marseillaise comme dans Casablanca, en parlant en détails des réalisations de sa femme (doublure d’Emma Stone dans La-La Land et de Rihanna dans Valerian), en faisant participer le public à un jeu de «six degrés de séparation avec Jeff Goldblum» (spoiler: le public a gagné avec Jane Fonda - Barbarella - Roger Vadim - Série noire pour une nuit blanche - Jeff Goldblum), en chantant une célèbre chanson française («Quand je pense à Fernande…») et surtout en citant, de mémoire, une phrase de George Bernard Shaw.

«Je pense que ma vie appartient à la communauté et, tant que je vivrai, c’est mon privilège de faire pour elle tout ce que je peux. Je veux être complètement usé à ma mort car plus j’ai travaillé, plus j’ai vécu. La vie n'est pas une “brève chandelle”. C'est une torche splendide que je veux faire brûler aussi ardemment que possible avant de la transmettre aux générations futures.»

De cette citation, il va falloir que je m’en souvienne quand, demain à 8h, je devrai me lever après une troisième nuit consécutive de quatre heures de sommeil. C’est à ce prix (et celui de quelques clichés avec le bon filtre pour Instragram) que je me ferai une place dans le monde.

Découvrez les éditions limitées Deauville par Kiehl's, dont les bénéfices sont reversés à l'association Enfance et Partage qui protège les enfants contre toute forme de maltraitance.

«Finest Apothecary Skincare» («L'excellence du soin apothicaire»). Fondée à New York en 1851 dans une pharmacie traditionnelle, Kiehl's propose des formules de soin hautement concentrées en ingrédients d'origine naturelle pour une peau éclatante de santé. Son expertise unique repose sur des connaissances acquises et transmises au fil des générations dans les domaines de la cosmétique, de la pharmacie et de l'herboristerie. Découvrir les soins Kiehl's pour le visage,le corps et les cheveux.

David Périneau
David Périneau (10 articles)
next