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Google a déjà franchi la ligne jaune en obtenant la suppression d'un article critique

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 01.09.2017 à 16 h 17

Repéré sur Gizmodo

Le géant de la Silicon Valley abuserait-il de sa position pour faire pression sur la presse?

Google HQ | Ben Nuttall via Flickr CC License by

Google HQ | Ben Nuttall via Flickr CC License by

Google est l'un des acteurs les plus puissants dans le monde de la presse. Entre Google actualités et son moteur de recherche, il fait partie –avec Facebook et Twitter, à moindre mesure– des grands pourvoyeurs de trafic des sites web. Autant dire que l'on peut facilement envisager un scénario où l'entreprise américaine joue de son influence dans le futur.

Mais visiblement, cela s'est déjà produit. Dans un article publié sur Gizmodo, une ancienne journaliste de Forbes raconte qu'un de ses articles détaillant comment Google essayait de promouvoir son réseau social Google+ dans les médias contre une meilleure position dans les résultats de recherche de leurs articles a fini supprimé sous la pression du géant du web.

Pourtant, explique-t-elle, rien n'était faux. Elle n'a trahi aucune confidentialité, n'a jamais caché son identité de journaliste au moment de parler avec les employés de Google sur ce sujet. Mais Google, pris de panique, en a demandé la suppression.

«C'est allé très vite à partir de là. Mes supérieurs à Forbes m'ont dit que des responsables de Google les ont appelés en disant que l'article était problématique et devait être supprimé. L'implication était que cela pourrait avoir des conséquences négatives pour Forbes, une possibilité inquiétante compte tenu du poids du trafic apporté par les recherches Google et Google Acualités.»

Zones d'influence

 

La journaliste a finalement obtempéré sous la pression de ses responsables. Tout aussi troublant, toute trace de l'article (même le cache) a rapidement disparu des résultats du moteur de recherche.

«Manipuler délibérement des résultats de recherche pour éliminer des référence à un article que Google n'aime pas serait extraordinaire, un abus de pouvoir presque dystopique de la part de l'entreprise. Je n'ai pas de preuve que Google ait bien fait ça, mais cet épisode m'a hanté pendant des années: l'article que Google ne voulait pas que les gens lisent est rapidement devenu impossible à trouver via Google.»

Ce témoignage arrive à un moment tout particulier. Cette semaine, on a appris qu'un think tank soutenu financièrement par Google s'était séparé d'un expert des monopoles qui avait félicité la Commission européenne d'avoir lourdement sanctionné Google. Selon cet expert, Eric Schmidt avait fait savoir son mécontentement auprès de la présidente du think-tank, qui aurait viré son employé (ce que les deux autres parties nient). Mais au fond, souligne Gizmodo, Google n'a même pas besoin de donner d'ordres.

«Étant donné son influence, l'entreprise américaine peut juste donner un petit coup dans le dos des organisations et faire en sorte qu'elles agissent comme elle le veut .»