Sports

La longue histoire des ballons qui ne plaisent pas aux joueurs

Grégor Brandy, mis à jour le 31.08.2017 à 16 h 22

Les basketteurs européens sont les derniers d'une longue liste à ne pas aimer le ballon avec lequel ils devront évoluer pendant toute une compétition.

L'Allemand Dennis Schroder, face à l'Ukraine, le 31 août 2017, lors de l'Eurobasket. JACK GUEZ / AFP

L'Allemand Dennis Schroder, face à l'Ukraine, le 31 août 2017, lors de l'Eurobasket. JACK GUEZ / AFP

C'est le genre d'articles que l'on voit régulièrement apparaître dans la presse avant le début d'une compétition sportive internationale. 

«Les joueurs se plaignent du ballon choisi pour l'Euro.»

Mais le point surprenant de cette histoire, c'est que l'on parle de basket. Ce titre vient en effet de L'Équipe, qui rapporte que les capitaines de neuf sélections (dont le Français Boris Diaw) ont envoyé une lettre au président de la fédération internationale de basket et au responsable de la commission des joueurs pour se plaindre de qualité du ballon choisi, alors que l'Euro est sur le point de débuter ce 31 août. 

«Selon eux, ladite technologie “pose des problèmes, particulièrement dans les fins de match lorsque le ballon devient humide. [...] Nous recommandons que la ‘Consistent touch’ soit abandonnée dès la fin de cette compétition et que les joueurs en activités soient inclus dans le processus de sélection d'un nouveau ballon.”»

Pour autant, l'idée de jouer avec un autre ballon semble ne pas être envisagée. Tant pis pour cet Euro, les joueurs devront faire avec. Peu importe que plusieurs d'entre eux (dont les Français visiblement remontés) voient la balle leur échapper parfois, comme l'explique le meneur français Antoine Diot au journal sportif.

«Ça fait quatre ou cinq ans que c'est la même chose et qu'on a des ballons qui glissent à fond, tout le monde s'en plaint et personne ne bouge. [...] Parfois, on n'arrive même pas à dribbler. Quand tu shootes, la balle t'échappe. Les spectateurs ne le voient peut-être pas, mais nous on le ressent, et c'est terrible.»

NBA et rugby également touchés

Et ceci n'est pas limité aux compétitions internationales en basket. En NBA, la ligue avait reconnu de potentielles erreurs à l'hiver 2006 après deux mois de critiques continues de la part des joueurs. Shaquille O'Neal avait notamment estimé que «l'on dirait ces ballons pas chers que l'on achète dans des magasins de jouets». D'autres stars comme Steve Nash, Jason Kidd, ou encore Dirk Nowitski se plaignaient également de coupures aux doigts. David Stern, alors commissaire de la NBA, avait admis qu'il y avait bien un problème, et offert la possibilité aux équipes de jouer avec les vieux ballons de cuir à la place.

L'un des exemples les plus récents d'un ballon qui ne convient pas à une équipe avant une compétition internationale remonte à septembre 2015, quand la Roumanie s'était plaint de ses ballons d'entraînement avant son premier match de Coupe du monde de rugby face à la France. L'entraîneur, Lynn Howells, trouvait notamment que son équipe perdait «cinq mètres sur les drops et les pénalités». Un constat alors partagé par son demi de mêlée, Valentin Calafeteanu.

«Nous avons remarqué que d'autres équipes ont un problème avec les coups de pied et on a vu ça un peu lors des entraînements. Les nouveaux ballons rendent cela plus difficile avec la distance et la précision, mais nous devons nous adapater, et si je m'entraîne, je suis sûr que tout ira bien.»

Pour autant, aucune autre équipe ne s'était plaint de tels problèmes.

La Coupe du monde de foot régulièrement affectée

Mais c'est surtout avant le début des compétitions internationales de foot que ce genre de polémique refait surface. Cela revient d'ailleurs tellement souvent qu'en 2002 déjà, La Dépêche commençait un article qui traitait de la polémique par «tous les quatre ans, c'est la même rengaine». Quatre ans plus tard, «les joueurs se plaignent du comportement erratique du ballon», dont on venait de radicalement changer la composition, rapporte The Conversation. 

En 2010, le gardien brésilien, Julio Cesar, l'avait comparé à un ballon de supermarché, quand le portier espagnol Iker Casillas le qualifiait de «ballon de plage», et que la légende italienne Gianluigi Buffon trouvait «honteux de jouer une compétition si importante avec un ballon comme ça». Quatre ans plus tard, avant la Coupe du monde brésilienne, David Ospina, le gardien colombien était l'un des rares à se plaindre d'un ballon «super difficile» et «très léger».

Si les ballons de l'Euro 2016 n'avaient pas connu de telles critiques, ils avaient réussi malgré tout à faire parler d'eux, quand, au milieu d'un match marqué par des maillots déchirés et une pelouse déplorable, le défenseur suisse Valon Behrami en éclaté un en marchant dessus.

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Journaliste