Science & santé

Quels sont les pays et les villes les plus en marche du monde?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 23.08.2017 à 11 h 54

Repéré sur Activityinequality.stanford.edu, The New York Times

À Jakarta par exemple, seulement 7% des rues ont des trottoirs.

Un vendeur dans les rues de Jakarta, le 23 juin 2016 | Bay ISMOYO / AFP

Un vendeur dans les rues de Jakarta, le 23 juin 2016 | Bay ISMOYO / AFP

C'est une étude d'une rare ampleur. 717.527 personnes originaires de 111 pays dans le monde ont accepté de mesurer leur activité pédestre pour aider des chercheurs de l'université de Stanford à mieux comprendre les variations d'activité physique. Au total, 68 millions de jours ont été mesurés, et les résultats, récemment publiés en ligne, sont pour le moins fascinants.

«Nous avons trouvé des inégalités dans la façon dont l'activité est distribuée dans les pays. Ces différences sont un meilleur indicateur de la prévalence de l'obésité dans la population que le volume d'activité moyenne, écrivent les chercheurs de Stanford. L'activité réduite chez les femmes contribue en grande partie à l'inégalité de l'activité observée.» Ils se sont aperçus que la place donnée aux piétons permet d'encourager les déplacements et de réduire les différences en fonction de l'âge ou du sexe quand il s'agit d'obésité.

Parmi les pays les plus à même de donner de la place et du temps à la marche, on retrouve Hong Kong, la Chine, la Suède, la Corée du Sud, la République tchèque ou le Japon. La France est dans la moyenne, et les mauvais élèves se trouvent du côté du Canada, de l'Australie ou de l'Arabie saoudite.

Mais ce qui a marqué le New York Times, qui relaie ces résultats, c'est la position de Jakarta en Indonésie. Il faut savoir que là-bas, 7% des rues seulement ont des trottoirs, selon les données du gouvernement. Le journal raconte que ces derniers sont souvent fissurés, que des câbles électriques en surgissent, et que des motards les utilisent parfois pour éviter les embouteillages. Et puis, il y a évidemment la pollution et la chaleur étouffante, qui rendent la marche à pied épuisante et nocive.

«Au lieu de marcher, les habitants de Jakarta et des autres zones urbaines, où plus de la moitié des 250 millions d'Indonésiens vivent, utilisent les cars, les bus, les taxis et les motos pour faire des distance aussi petites que 200 mètres, au lieu de marcher», écrit le journal américain, qui mentionne aussi un aspect culturel dans ce genre de comportement. Par exemple, il est de coutume d'attendre l'ascenseur lorsqu'on a un seul étage à monter ou descendre. Dans les escalators, personne n'a l'habitude de se coller à droite pour laisser passer les personnes qui aimeraient aller plus vite.

La situation est telle que des activistes ont lancé un groupe nommé Pedestrian Coalition. Régulièrement, ils mettent en place des chaînes humaines sur les trottoirs de la ville pour empêcher les motards de les utiliser. Son président, Alfred Sitorus, espèrent que le gouvernement prendra enfin le problème au sérieux. «Nous sommes fainéants», lâche-t-il au New York Times.