Science & santé

«L'entendre dire “j'ai profité de la vie”, ça me donne l'impression qu'avec moi, il ne profite plus de rien...»

Lucile Bellan, mis à jour le 22.08.2017 à 11 h 28

Cette semaine, Lucille conseille Angèle, une jeune fille qui doute d'elle à cause du passé sulfureux de son partenaire, qui n'hésite pas à s'en vanter en public.

Judith décapitant Holopherne | Le Caravage via Wikipedia CC License by

Judith décapitant Holopherne | Le Caravage via Wikipedia CC License by

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

Je m'appelle Angèle et j'ai 29 ans. Je sors depuis quelques mois avec un jeune homme que j'adore depuis des années. Nous nous connaissons depuis sept ans, et c'est le seul garçon que j'ai littéralement adoré lorsque j'ai posé les yeux sur lui.

Or, depuis quelques semaines, je remarque qu'en public, il se «vante» devant moi, pour la deuxième fois, de certaines expériences passées avec des filles (il est allemand et donc très «libéral», très beau mec, donc succès avec les filles à échelle industrielle assuré). 

J'essaye de garder bonne figure mais comment fait-il pour ignorer que cela puisse me blesser affreusement? Me vexer ou m'inquiéter? Ou même que je puisse ne pas trouver ça très élégant?

Il m'a blessée une fois par le passé, en discutant très «vivement» avec une fille devant moi. Depuis, je ne peux pas dire, il fait très attention à moi à ce niveau-là. Mais l'entendre dire «je me suis fait plaisir et bien profité de la vie», ça me donne l'impression qu’avec moi, il ne profite plus de rien justement... C'est moi qui «psychote»? Ou il y a vraiment un souci potentiel?

Angèle

Chère Angèle,

Je ne crois pas qu’il existe de «souci potentiel» sur ce point précis. Ce sont seulement des ajustements que l’on doit faire en tant que couple, qui justifient le dialogue. Vous êtes une personne à part entière, il l’est également. C’est tout à fait naturel que vos égos, vos expériences et vos passés ne soient pas toujours tout à fait en phase et que cela se traduise parfois par des réactions de part et d’autre, qui ne sont dues qu’à ce défaut de perception. Vous avez déjà pu constater par le passé que le dialogue avait résolu un malaise entre vous. Pourquoi ne pas appliquer une nouvelle fois  cette bonne méthode? 

Oui, votre sentiment est légitime. Parce que tous les sentiments le sont. Une autre pourrait très bien ne pas être aussi sensible sur le sujet. Mais à partir du moment où votre compagnon vous aime et souhaite votre bien-être, il fera un effort. De votre côté, vous pouvez admettre que ces phrases, selon le contexte, peuvent aussi n’être que simples vantardises. Que si vous les avez comprises d’une manière, elle n’ont probablement pas été dites avec malice, mais avec une maladresse et une indélicatesse certaines. Dire «cette phrase m’a blessée» et expliquer pourquoi, calmement, ne peut amener que du bien.

D’un autre côté, si vous exprimez vos sentiments, n’oubliez pas non plus de partager ce que vous aimez. J’imagine que ce détail est une goutte d’eau dans votre relation. Et ne laissez pas votre manque de confiance gangréner cette histoire. Soyez touchée par le positif autant que le négatif. Cet homme qui dit avoir «profité de la vie» a finalement choisi de se «ranger» avec vous. Parce qu’il en a envie.

Il transpire de votre court texte que cette relation que vous avez tant désirée vous angoisse, que peut-être vous avez peur de ne pas être à la hauteur. Profitez de cette histoire que vous méritez, Angèle. Ne cachez jamais votre souffrance et vos doutes, partagez-les sans réserve. La communication est la clé. Mais prenez également le temps de vous libérer de vos angoisses et d’accepter que vous êtes bien celle qu’il a choisie. 

Lucile Bellan
Lucile Bellan (158 articles)
Journaliste