Monde

Peut-on arrêter des missiles nord-coréens qui viseraient l’île de Guam?

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 11.08.2017 à 16 h 50

Repéré sur The New York Times

Si la Corée du Nord mettait ses menaces à exécution, les missiles dirigés contre la petite île du Pacifique ouest pourraient possiblement être stoppés.

Kim Jong-un, le 19 juillet 2017 à Pyongyang et Donald Trump, à Washington. SAUL LOEB, Ed JONES / AFP

Kim Jong-un, le 19 juillet 2017 à Pyongyang et Donald Trump, à Washington. SAUL LOEB, Ed JONES / AFP

Bien qu’elle n’ait jamais été au beau fixe, la relation actuelle entre les États-Unis et la Corée du Nord semble au paroxysme de sa tension. Alors que le 8 août, Donald Trump promettait «le feu et la fureur» à Kim Jong-un s'il menaçait une fois de plus les États-Unis, la Corée du Nord annonçait deux jours plus tard qu’elle était prête à lancer quatre missiles à proximité de l’île de Guam, territoire non incorporé des États-Unis et point militaire stratégique pour les Américains. Ce vendredi, Donald Trump a affirmé via Twitter que les «solutions militaires» pour répondre à ces éventuels tirs de missiles étaient «en place, verrouillées et chargées».

Si certains commencent à craindre le déclenchement d'une Troisième Guerre mondiale, le New York Times rappelle que les menaces des deux camps peuvent sembler plus effrayantes qu’elles ne le sont réellement et explique que si ces missiles venaient à être tirés, il serait possible de les abattre en vol.

En cas de tirs, plusieurs manières de risposter

Les États-Unis et ses alliés possèdent un arsenal de défense antimissile assez colossal. Pour atteindre leur cible et parcourir environ 3.350 kilomètres en un peu plus de 1.000 secondes, les missiles nord-coréens Hwasong-12 passeront par trois phases de vol.

Les neutraliser lors de leur phase ascendante s’avérerait dur: un missile poursuiveur n’aurait aucune chance face à la vitesse d’un Hwasong-12. Les États-Unis avaient avant investi dans un laser géant transporté sur un Boeing 747 visant à détruire les missiles balistiques ennemis, mais cet arsenal coûtait tellement cher qu’ils ont abandonné l’idée.

Lorsqu'à mi-chemin ces missiles arriveraient ensuite à la limite de l’atmosphère terrestre, ils cesseraient d'accélérer mais seraient tout de même à une altitude très élevée (750 kilomètres). Les États-Unis et le Japon possèdent tous deux des bateaux équipés de missiles de défense militaire balistique capables de détruire des missiles ennemis à mi-parcours.

Un test grandeur nature?

 

Cela dit, des maœuvres seraient nécessaires car les navires japonais en question sont actuellement situés dans la Mer du Japon, trop loin de la trajectoire éventuelle des missiles nord-coréens qui viseraient Guam. Il en va de même pour les bateaux américains transportant cette technologie de défense, actuellement localisés entre la Californie et l’Alaska.

Au cours de la descente, les Hwasong-12 n’auraient plus la possibilité de se réorienter et deviendraient des cibles faciles pour les missiles SM-3 japonais et américains. La Marine des États-Unis ne révèle en général pas l’emplacement de ses navires, mais plusieurs destroyers Arleigh Burke-class, capables de transporter des SM-3, sont basés en permanence dans le Pacifique ouest, donc relativement près de Guam.

Laura Grego, scientifique au Programme de sécurité globale de «l’Union of Concerned Scientists», rappelle cependant au New York Times qu'aussi rodés soient-ils, rien ne garantit avec certitude que ces dispositifs toucheraient leurs cibles:

«Ils ne sont pas assez matures. Je pense qu’ils peuvent potentiellement échouer, puisqu’ils n’ont pour l’instant pas encore été testés dans des conditions réalistes. Cela poseraient des questions quant à l’efficacité de tels systèmes.»

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