Parents & enfants

Ça ne cesse de se confirmer: la fessée ne fait que du mal, même dix ans après

Repéré par Thomas Messias, mis à jour le 14.08.2017 à 9 h 23

Repéré sur River Front Times

Quels que soient les milieux et les circonstances.

 Llanto | Raúl Hernández González via Flickr CC License by

Llanto | Raúl Hernández González via Flickr CC License by

Parce qu'on a jamais assez d'arguments et de statistiques sous le coude pour expliquer autour de soi que donner une fessée à un enfant ne sert absolument à rien, toute nouvelle étude qui vient confirmer cette affirmation semble bonne à prendre. L'inefficacité totale de la pratique a été prouvée à plus d'une reprise, ce qui n'a pas empêché le Conseil Constitutionnel de retoquer la loi sur l'interdiction des châtiments corporels début 2017. Les résultats récemments présentés par le centre de politique familiale de l'université du Missouri sont donc loin d'être inutiles et peuvent permettre d'enfoncer le clou pour convaincre si besoin que la fessée, c'est non. Quelles que soient les circonstances.

Portant sur 1.840 mères et leurs enfants (on peut évidemment regretter que les pères n'aient pas été impliqués), l'étude menée par l'équipe du professeur Gustavo Carlo s'est concentrée sur des familles américaines peu aisées, et d'origine européenne ou africaine. Objectif de ce ciblage: permettre de généraliser les conclusions effactuées dans d'autres études qui ne portaient jusqu'ici que sur des familles blanches, aisées ou de classe moyenne, d'origine américaine.

Fessées et conséquences

Les enfants ont été vus à 15 mois, 25 mois puis vers 10 ou 11 ans (lorsqu'ils étaient scolarisées en 5th grade, l'équivalent américain de notre CM2). Sa conclusion, c'est que les enfants qui ont reçu des châtiments corporels au plus jeunes âge se montrent plus agressifs, moins altruistes et plus susceptibles de devenir des déliquants. Même un haut degré d'irritabilité des parents peut en fait suffire à faire pencher la balance, alors que des parents capables de davantage de contrôle de soi assurent à leurs enfants un comportement plus stable.

Concernant la fessée, l'étude indique un lien de cause à effet plus important chez les familles afro-américaines, mais il faudrait évidemment tenir compte des autres facteurs qui poussent une partie des ados de cette catégorie à aller vers davantage d'agressivité et d'insoumission. De façon plus globale, elle ne fait que confirmer qu'une phrase comme «j'ai vécu des tartes comme les mômes de ma génération et ça ne nous a pas traumatisés» est définitivement à proscrire. Et vient renforcer encore un peu plus le diagramme intitulé «Je peux donner une fessée?» que Nadia Daam nous proposait fin 2014.