Sports

À Londres, de nouvelles remises de médailles corrigent d’anciens résultats minés par le dopage

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 07.08.2017 à 14 h 09

Repéré sur The New York Times

À l’occasion des championnats du monde d’athlétisme de Londres, des athlètes lésés par le dopage de leur concurrents ont enfin pu recevoir des récompenses méritées, parfois dix ans plus tard.

Jessica Ennis, heptatlonienne britannique, reçoit une médaille d'or pour sa victoire aux Championnats du monde 2011, après la disqualification de son adversaire pour dopage, le 6 août 2017, à Londres. Jewel SAMAD / AFP

Jessica Ennis, heptatlonienne britannique, reçoit une médaille d'or pour sa victoire aux Championnats du monde 2011, après la disqualification de son adversaire pour dopage, le 6 août 2017, à Londres. Jewel SAMAD / AFP

À chaque nouvelle compétition internationale d’athlétisme, des scandales de dopage nous rappellent que les disciplines qui composent ce sport sont durement touchées par cette pratique interdite. Pour récompenser les efforts d’athlètes «propres» et démontrer sa fermeté, l’Association internationale des fédérations d’athlétisme, poussée par son président Sebastian Coe, a décidé d’organiser de nouvelles cérémonies de remises de médailles durant les Championnats du monde de Londres, comme le raconte le New York Times.

Après des tests anti-dopage rétroactifs et les disqualifications des fraudeurs et fraudeuses concernés, ce sont 11 athlètes individuels et 5 équipes de relais qui se sont vus remettre de nouvelles médailles.

Un sentiment «doux-amer»

Samedi 5 août 2017, l’américaine Kara Goucher, 39 ans et médaille de bronze sur 10.000 mètres aux Championnats du monde de 2007, a grimpé une marche et reçu la médaille d’argent qu’elle méritait, dix ans plus tard. La Turque Elvan Abeylegesse avait été reconnue dopée par un test rétroactif en 2015.

«On méritait cela, car on nous l’avait volée. Depuis que j’ai appris que j’allais la recevoir, je n’ai pas arrêté de pleurer», a-t-elle déclaré en larmes après la cérémonie.

Natasha Hasting et son équipe américaine du relais 4x100 mètres ont reçu une médaille d’or suite à la disqualification pour dopage de l’équipe russe qui les avait battues aux Championnats du monde de 2013. Pour elle, cette reconnaissance tardive est un mélange «doux-amer»:

«C’est doux dans le sens que c’est bien de voir que des efforts sont faits pour promouvoir le sport propre et récompenser ceux qui jouent le jeu. Mais c’est amer car cela nous rappelle que dans notre sport (...), il y a des tricheurs.»

Un «God Save the Queen» a également résonné dans l’enceinte du Stade olympique de Londres le 6 août, alors que la célèbre heptathlonienne britannique Jessica Ennis recevait la médaille d’or qu’elle aurait dû obtenir lors des mondiaux de 2011. La tenante du titre, la russe Tatyana Chernova, a, elle aussi, été reconnue coupable de dopage et disqualifiée.

Gatlin sifflé

 

La victoire de l’Américain Justin Gatlin sur 100 mètres face à Usain Bolt le 5 août a également alimenté les discussions autour du dopage. Le sprinteur avait été suspendu à deux reprises, la première fois en 2001 pour une prise d'amphétamines qui serait liée à un médicament pour le trouble de l'attention qu'il prenait depuis des années, la seconde fois en 2006 pour un contrôle positif à la testostérone ou un de ses produits dérivés.

Gatlin n’a jamais admis qu’il s’était dopé intentionnellement, et avait à l’époque affirmé que sa positivité au second test était de la faute de son masseur, qui l’aurait frictionné avec des crèmes aux stéroïdes… Suspendu jusqu’en 2010, il n’a jamais été remis en cause par la suite. Mais lors de sa victoire et de sa remise de médaille, l’Américain a été longuement sifflé par le public londonien, qui ne croit pas vraiment à sa rédemption.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux.
> Paramétrer > J'accepte