Culture

Voici treize idées de séries à rattraper cet été

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2017 à 15 h 07

Si vous aimez autant les séries que la rédaction de Slate, il y a de fortes chances que vous n'ayez pas eu le temps de tout regarder cette année. Voici ce que nous avons particulièrement aimé.

«The Leftovers» I «Dear White People» I «Bloodline» (DR)

«The Leftovers» I «Dear White People» I «Bloodline» (DR)

Ozark (sur Netflix)

Au moment de la mise en ligne de sa première saison, en plein été, peu de monde a parlé d'Ozark. Certains évoquaient alors une filiation avec Breaking Bad, puisque la nouvelle série Netflix narre les galères d'un père de famille avec des personnes peu recommandables. Et puis, comme pour Bryan Cranston, le personnage principal de cette nouvelle série, interprété par Jason Bateman, a été révélé par une série humoristique, la brillante Arrested Development.


La comparaison s'arrête là. Ozark se passe dans le Missouri, préférant l'inquiétante profondeur des lacs à l'aridité des déserts, les redneck aux dealers de drogues. Et l'on découvre un Marty Byrde (Jason Bateman donc) d'ores et déjà corrompu par l'argent, qu'il est censé blanchir pour un cartel mexicain. À la différence de Walter White, Marty n'a pas soif de pouvoir, il cherche simplement à survivre et à protéger sa famille déjà éclatée. Un peu comme dans Arrested Development.

Et si chaque personnage d'Ozark mérite notre attention –la jeune Julia Garner, déjà aperçue dans The Americans, vole régulièrement la vedette à ses collègues–, Jason Bateman se révèle être un acteur dramatique fascinant, proposant un magnat de la drogue, prêt à construire une église et racheter un club de strip-tease pour écouler son argent sale. Il y a un an environ, Stranger Things était également mis en ligne en pleine été. Espérons que, comme pour Eleven, le public se réveille, ou hausse au moins un sourcil pour Jason Bateman.

Vincent Manilève
 

Big Little Lies (sur OCS)

Si l'on résume Big Little Lies, certains y verront des ressemblances avec Desperate Housewives: des mères de famille s'écharpent, doutent, angoissent à propos de leurs enfants, ont des relations mouvementées avec leur mari, les mensonges émaillent l'intrigue et cela fait des morts. Le parallèle s'arrête là. On est très loin des airs de soap, des couleurs trop vives et des rebondissements tirés par les cheveux. En sept épisodes, la réalisation de Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y, Dallas Buyers Club, Wild) rend haletantes les cruautés quotidiennes, c'est un thriller que l'on regarde ici. Le montage précis, rythmé prend le spectateur dès la première scène: on comprend là que quelqu'un est mort, les épisodes fileront sans qu'on ne sache qui. 


Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley, Laura Dern, le casting est impeccable. Chacune incarne une mère différente et bien plus complexe évidemment que les premières scènes ne le montrent. Le décor est sublime, la Californie huppée, à Monterey avec ses magnifiques falaises et ses magnifiques villas –la plupart valent des millions de dollars. À l'origine, c'est un roman, Petits secrets, grands mensonges de Liane Moriarty, la série s'en détache dans l'écriture: elle est construite de telle sorte, qu'à chaque épisode, le spectateur en apprend un peu plus sur le meurtre en même temps qu'il découvre les failles des personnages de cette communauté fermée.

Reese Whiterspoon joue à merveille Madeline Martha Mackenzie la mère control freak et loquace qui connaît tout le monde et s'épanouit dans l'organisation de la pièce de théâtre locale, les personnages de Nicole Kidman et Shaileene Woodley révèlent leurs failles bien plus subtilement et lentement, toutes deux happées par la violence de leurs relations actuelle ou passée, par un désir obscur, déchirant. Les rôles des enfants sont parfaitement écrits aussi, et notamment la jeune Chloé, 5 ans, la fille de Madeline Mackenzie, qui dit d'entrée à Ziggy (le fils de Shailene Woodley dans la série) vouloir diriger un «gros label» et qui construit toute la bande-son de la série depuis son smartphone qu'elle lâche rarement. Finalement, c'est le début, le générique, porté par la musique de Michael Kiwanuka, qui résume encore le mieux Big Little Lies: il fourmille de détails, comme la série, à tel point que plusieurs d'entre nous à Slate.fr l'ont revue pour mieux apprécier toutes ses subtilités. La possibilité d'une saison 2 est évoquée mais pas du tout confirmée.

Mélissa Bounoua
 

Trial and Error (sur Canal + Séries)

 

Présenté au festival Séries Mania comme un digne successeur de Parks and Rec, Trial and Error est probablement l’une des séries les plus drôles de l’année. Filmée comme un mockumentary (comme The Office, ou Parks and Rec, justement), elle met en scène Josh, jeune avocat new-yorkais qui débarque à East Peck, une petite ville rurale de Caroline du Sud pour défendre Larry Henderson, accusé du meurtre de sa femme.

C’est complètement loufoque, fort bien joué, et se moque gentiment de la vague de documentaires sur le true-crime qu’on voit apparaître depuis quelques années. Au fil des treize épisodes, on s’attache à tous les personnages, leur accent sudiste, et leurs tentatives pour arriver à leur fin: de Carol Anne Keane, la procureure et gentille méchante de l’histoire, à Dwayne Reed l’enquêteur de la défense un peu lent, en passant par Anne Flatch, l’assistante de Josh aux troubles multiples et Summer Henderson, fille de l’accusée, dont on ne peut s’empêcher de noter une certaine filiation avec April de Parks and Rec. Au final, un peu plus de quatre heures de jouissance absolue. En attendant une nouvelle saison prévue pour l’année prochaine.
Grégor Brandy

 

The Keepers (sur Netflix)

 

Avec la série à succès Making A Murderer et les films Amanda Knox, Audrie & Daisy ou Casting JonBenet, Netflix s'est fait une petite spécialité des documentaires s'attachant à des faits divers. Mis en ligne en mai dernier sur la plateforme SVOD, The Keepers en est le dernier brillant exemple en date. Le point de départ de cette série en sept épisodes: le meurtre non résolu de sœur Cathy Cesnik à Baltimore au tournant des années 1970. En reprenant le fil de l'enquête plusieurs décennies plus tard, de deux ses anciennes élèves soulèvent de nombreux points d'ombre et des témoignages inédits.

Très vite, un lien est fait entre la jeune femme retrouvée morte quelque mois après sa disparition et un prêtre pédophile ayant agi dans la même école et couvert par sa hiérarchie. Puis d'autres pistes surviennent. Mais les années ont passé, les mémoires se font plus évasives. Petit à petit, The Keepers donne vie à une chaîne de douleurs enfouies qui dessinent comme un mystérieux puzzle d'où ressort un grand cri trop longtemps retenu.

Boris Bastide
 

The Leftovers (sur OCS)

 

Il y a un peu plus de sept ans, internet se déchaînait contre le créateur Damon Lindelof et le final tant attendu de Lost, la série qui l'a fait connaître dans le monde entier. Aujourd’hui, on a le sentiment que le monde ne l’a pas assez célébré pour la fin de sa dernière création, The Leftovers. Et pourtant, il y en a des choses à ressasser et à étudier avec cette fabuleuse mais discrète série. Car si la promesse de la série se résume assez facilement (2% de la population mondiale disparaît soudainement et sans explications), les enjeux qu’elle noue la dépassent largement.

Nora Durst, véritable héroïne de cette série, refuse de faire le deuil de sa famille disparue pendant le petit-déjeuner, obsédée par la question: où sont-ils tous partis? Son frère Matt, prêtre en perdition, peut-il se encore se contenter de sa foi? Le flic Kevin Garvey, de son côté, ne doit pas affronter ce deuil impossible, mais il doit gérer l’explosion de sa psyché, de sa propre famille et de la communauté qu’il est censé protéger. Son ex-femme Laurie, psychiatre qui cache son propre drame, ne trouve plus les mots pour aider ses patients endeuillés, si bien qu’elle rejoint une secte où le silence fait loi. Tous les quatre, et bien d’autres, errent dans ce monde, désormais incomplet, avec un besoin: marcher sur la ligne qui sépare leur monde de celui des disparus.

La première saison, adaptée de l’impressionnant roman de Tom Perrotta, en a découragé certains. Les questions posées ne trouvaient pas leurs réponses (sacré Lindelof) et le foisonnement narratif pouvaient parfois laisser perplexe. Mais avec les deux saisons qui ont suivi et conclu cette histoire, le créateur de Lost nous a offert l’une des séries les plus fascinantes de ces dernières années, un mélange délicat et sensible entre ce qui nous dépasse et ce qui fait de nous des êtres humains.
Vincent Manilève
 

13 Reasons Why (sur Netflix)

«Je vais te raconter l’histoire de ma vie, ou plutôt pourquoi celle-ci a pris fin. Et si tu écoutes cette cassette, c’est que tu en es l’une des raisons.» En rentrant du lycée, Clay découvre sur le pas de sa porte un paquet contenant sept cassettes. Dedans, sa camarade Hannah détaille les 13 raisons qui l’ont poussée à se suicider deux semaines plus tôt. Une fois écoutées, les bandes doivent être remises à la personne suivante, et ainsi de suite.

Basé sur un best-seller sorti il y a dix ans aux États-Unis, 13 Reasons Why est un teen drama très sombre, qui montre la difficulté d’être un ado aujourd’hui en abordant des sujets sensibles comme le harcèlement scolaire, le harcèlement en ligne ou la culture du viol. Grâce à un montage ingénieux qui mêle deux timelines (pré- et post-suicide), le spectateur découvre en même temps que Clay les secrets de Hannah et le vrai visage de ses camarades d’école. Déprenant (déprimant + prenant).
Nora Bouazzouni

 

Le Bureau des Légendes (sur Canal+ séries)

Le Bureau des Légendes est l'une des meilleures séries françaises, sinon la meilleure. Toute l'intrigue tourne autour d'un service de la DGSE dirigé par Jean-Pierre Darroussin (et ses splendides cravates), où les agents évoluent sous de fausses identités («les légendes»). Dans cette saison, il est encore question de sauver Malotru (Mathieu Kassovitz), cet agent qui a le don de se mettre dans des situations compliquées. Il est cette fois retenu par l'État islamique et l'intrigue se concentre sur les dangers qu'il y a à aller le chercher. En parallèle gravitent des seconds rôles très bien écrits, d'agents, de diplomates.

Derrière, c'est Éric Rochant dont le film Les Patriotes est aujourd'hui montré en exemple à la DGSE. Il dit avoir travaillé avec eux pour l'écriture de la série ensuite, sans qu'il ne puisse en dire trop –«Le peu qu’ils nous disent est probablement faux ou on peut le retrouver ailleurs», raconte la scénariste Camille de Castelnau. Cette troisième saison est une remarquable explication de la guerre actuelle en Syrie, notamment grâce au personnage de Nadia El Mansour (interprétée par Zineb Triki) qui travaille à Bruxelles à déminer la situation. Il est aussi question de CIA, de FBI mais rien à voir avec un film d'espionnage à l'américaine, si ce n'est pas dans le suspense qui tient le spectateur en haleine. Eric Rochant et son équipe précisaient pourtant au Festival Séries Mania en avril dernier qu'ils ne regardaient plus de séries hollywoodiennes (Homeland notamment) par peur d'être trop influencés. Tant mieux car c'est toute la désuétude française montrée dans l'organisation de ce bureau du renseignement qui la rend attachante et drôle. 

Mélissa Bounoua
 

Orange is The New Black (sur Netflix)

Débutée en 2013 comme une simple comédie dramatique suivant les mésaventures d'une jeune wasp lettrée en prison, Orange is the New Black s'est élevée en quelques saisons au rang de portrait des plus passionnants de l'Amérique. Après une saison 4 rejouant la tragédie d'un pays fragmenté sur la question raciale en écho au débat autour du mouvement Black Lives Matter et un final traumatisant, la saison 5 rabat brillamment les cartes autour d'une narration resserrée sur quelques jours seulement le temps d'une émeute.

Toutes les règles établies jusqu'ici tombent laissant libre cours à de nouvelles alliances et à l'exploration de problématiques inédites. Le cocktail d'humour, de beaux portraits de femmes complexes, de drame et de questionnement politique et moral reste lui inchangé, faisant naître chez le spectateur toute une gamme de sentiments qui creusent toujours plus la surface des choses. L'actrice Danielle Brooks brille avec un éclat particulier dans le rôle de Tasha «Taystee» Jefferson, poignante négociatrice déterminée à rendre justice à son amie disparue.

Boris Bastide
 

Legion (sur OCS)

Attention, série barrée. Ne vous fiez pas ni au logo Marvel pour décider que Legion n’est pas pour vous, encore moins au pitch: David, un jeune homme diagnostiqué schizophrène depuis l’adolescence et interné en hôpital psychiatrique découvre qu’il est en fait un super-mutant dont les capacités attirent la convoitise d’une organisation peu scrupuleuse. Heureusement, d’autres mutants sont là pour le protéger.

En réalité, David est le fils du professeur Charles Xavier, le chef des X-Men. Legion est donc la première série issue de cet univers, mais n’a absolument rien à voir avec les films. Et si le visage du héros vous est familier, c’est sûrement à cause de Downton Abbey ou la récente adaptation live action de La Belle et la Bête, avec Emma Watson. Non mais restez, je vous dis! D’abord, parce que le showrunner, Noah Hawley, a aussi créé la série Fargo –gage de qualité. Ensuite, Aubrey Plaza (Parks & Recreation) y joue un personnage complètement dingo, flippant et génial. Et si Jemaine Clement (Flight of the Conchords) vous manque, réjouissez-vous: il est aussi dans Legion, avec un rôle typiquement Jemaine. Enfin, vous n’avez jamais rien vu de tel à la télévision, promis.

On ne renverse pas le paradigme du superhéros sans avoir une vision très précise de ce qu’on souhaite proposer au spectateur. Visuellement, Legion est un petit bijou, mêlant modernité et esthétique des années 1960, empruntant sans régurgiter au Kubrick de 2001 ou Orange mécanique ainsi qu’à l’onirisme façon David Lynch. C’est d’une créativité folle, tant à la réalisation qu’au montage, qui regorgent de trouvailles. Préparez-vous à pousser des «han!» et des «waouh!» toutes les cinq minutes. Le fond, quant à lui, est aussi provocant et déroutant que la forme, puisque Legion actualise le mythe du superhéros qui doit littéralement faire face à ses démons en explorant (littéralement aussi) les tréfonds de sa psyché, transformée en véritable champ de bataille. Pas évident pour le spectateur de s’y retrouver, on vous l’accorde, d’autant que le héros, David, est un narrateur aussi peu fiable que celui de Mr. Robot… Mais Legion est un pari osé qui a payé, puisqu’une suite est prévue pour mars.
Nora Bouazzouni
 

Dear White People (sur Netflix)

Dear White People, c’est le nom d’une émission radio animée après les heures de cours par Samantha White, étudiante métisse à la prestigieuse université de Winchester, majoritairement fréquentée par des Blancs mais pourvue d’une résidence non-mixte réservée aux élèves Afro-Américains. Militante antiraciste, elle veut faire entendre la voix des étudiants Noirs victimes chaque jour de discriminations et provoquer un examen de conscience chez leurs camarades Blancs. Une soirée blackface organisée sur le campus achève de l’en convaincre: Winchester a beau avoir un principal et un futur président des élèves Noirs, le racisme y est tout aussi présent qu’ailleurs.

À l’origine un film satirique réalisé par Justin Simien et acclamé par la critique à sa sortie en 2014, cette déclinaison sérielle est sacrément réussie. Image léchée, BO impeccable, savoureuse galerie de personnages, répliques qui font mouche, cliffhangers… Dear White People met en scène un casting à 99% Noir et soulève avec finesse des problématiques intersectionnelles (être Noir et homo, être Noire et sortir avec un Blanc, être à la fois Noire et Blanche…) encore trop rarement abordées. (En plus, c’est narré par Giancarlo Esposito, a.k.a. Gus dans Breaking Bad et Better Call Saul.)

C’est drôle, très intelligent et ça a bien énervé les racistes américains qui ont appelé au boycott de Netflix dès la sortie du premier teaser, en février. Forcément, les dominants ne supportant pas de checker leurs privilèges, ils ont crié au racisme (voir au génocide, si si) anti-blanc –qui, rappelons-le N’EXISTE. PAS. JAMAIS. Une saison 2 vient d’être commandée, yay!
Nora Bouazzouni
 

American Gods (sur Amazon Prime)

Parler de travail titanesque pour accoucher d’une série d’anciens dieux affrontent leurs héritiers modernes est évidemment un euphémisme. D'abord, parce qu’il fallait respecter le livre sur lequel la chaîne Starz s'est appuyée: écrit par le britannique Neil Gaiman, il s’agit d’un ouvrage culte du fantastique, qui a raflé de nombreux prix au début des années 2000. Ensuite, parce que l’adaptation, malgré la bonne volonté de la chaîne et la dévotion des créateurs Bryan Fuller et Michael Green, a pris du temps: il a fallu doser avec justesse toute la violence et la sexualité présentes dans le livre. Enfin, parce que la représentation visuelle de dieux devaient être à leur image: divine.

Fort heureusement, le pari est réussi. Bien sûr, il faut un petit temps d’adaptation, il n’est pas aisé de comprendre d’emblée pourquoi le héros, un ex-taulard à peine veuf, est tout d’un coup courtisé par d’étranges dieux et rêve la nuit d’un taureau possédant des yeux enflammés. Mais au-delà du rythme de l’intrigue, parfois un peu long et trop segmenté entre les intrigues, American Gods possède deux grandes forces. Saluons, en effet, le casting qui, tout comme l’intrigue, oppose et associe parfaitement des vieux routards du cinéma et des séries (Ian McShane, Peter Stormare et une incroyable Gillian Anderson) et une jeune garde toute aussi fascinante (Ricky Whittle est intéressant, mais Emily Browning se révèle complètement, bien loin de ses rôles au cinéma).

Et que dire des visuels proposés par les créateurs, ainsi que que par le producteur David Slade, qui a réalisé Hard Candy et produit Hannibal. Pour de nombreuses scènes mythologiques, les créateurs ont d’abord filmé au maximum en décors naturels avant de «peindre» littéralement dessus en post-production. Regardez American Gods, c’est admirer les peintures sacrées de notre siècle.
Vincent Manilève
 

Bloodline (sur Netflix)

 

L'insuccès de cette série Netflix stoppée après seulement trois saisons restera pour moi un éternel mystère. Malheureusement, un final un peu terne au regard de la puissance narrative des épisodes précédents ne devrait rien arranger à l'aura posthume de Bloodline. Pourtant, les amateurs de séries dramatiques riches en anti-héros auraient tort de bouder leur plaisir. D'une part, le cadre, à savoir les Keys, cet archipel tout au sud de la Floride, est somptueux. D'autre part, Bloodline bénéficie de performances de premier plan d'un casting de choix à commencer par celles de Kyle Chandler, Sissy Spacek ou Ben Mendelsohn.

Mais surtout la narration qui se referme petit à petit comme un étau autour des aventures explosives de la famille Rayburn rattrapée par les fantômes de son passé prend rapidement aux tripes. Un peu comme dans The Shield il y a quelques années, le spectateur se retrouve tiraillé entre l'envie de voir ses héros s'en sortir et celle qu'ils paient pour les méfaits qui s'enchaînent dans un terrible engrenage tragique. Bloodline avance ainsi comme une série de pièges pratiques dont la fratrie tente de se sortir qui sont autant de conflits moraux qui pèsent de plus en plus sur la conscience des personnages prisonniers de leur propre folie. Implacable.

Boris Bastide
 

People of Earth (inédit en France)

 

Ozzie Graham (Wyatt Cenac, du «Daily Show») est un journaliste new-yorkais. Curieux, mais surtout sceptique sur l'existence d'une réalité paranormale, il se décide à infiltrer un groupe de parole de personnes assurant avoir vécu des «expériences extraterrestres» dans la petite ville de Beacon, au nord de New York. En creusant leurs histoires et leurs différentes versions, Ozzie Graham en vient à douter. Et si des rencontres surnaturelles avaient-elles bien eu lieu? Et si, lui aussi, avait été en contact avec des extraterrestres?

 

Cette comédie, dont la deuxième saison vient de débuter et dont nous vous parlions déjà l'an passé, a le mérite d'explorer une thématique bien connue, et maintes fois explorée par la télévision ou le cinéma, sous un point de vue inédit. Du comportement finalement très humain des extraterrestres aux allusions aux théories complotistes les plus farfelues –en l'occurrence à propos de Reptiliens qui contrôleraient le monde. La série est notamment produite par Conan O’Brien et Greg Daniels, à qui l'on doit l'immense Parks & Recreation ainsi que la version américaine de The Office. En clair, vous allez rire, mais surtout, vous ne verrez pas le temps passer. 

Robin Panfili

Slate.fr
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