MondeEconomie

Des employés de la cantine de Facebook obligés de vivre dans un garage

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 25.07.2017 à 9 h 56

Repéré sur The Guardian

Avec une centaine d'autres employés, ils viennent de se syndiquer et demandent des salaires adaptés au coût exorbitant de la vie dans la Silicon Valley.

La cantine de Facebook à Menlo Park en mai 2012. ROBYN BECK/AFP

La cantine de Facebook à Menlo Park en mai 2012. ROBYN BECK/AFP

Cette année, le PDG de Facebook Mark Zuckerberg sillonne les Etats-Unis pour aller à la rencontre des «vraies gens» et les écouter parler de «leurs espoirs et leurs difficultés». Il a, entre autres, visité une usine dans le Michigan et des agriculteurs dans le Wisconsin. Mais une famille qui travaille pour Facebook à Menlo Park aimerait aussi pouvoir parler à Zuckerberg de ses difficultés financières.

«Il n'a pas besoin d'aller au bout du monde. Il faut juste qu'il s'informe de ce qui se passe dans cette ville», a expliqué Nicole à une journaliste du Guardian.

Nicole et son mari, Victor, travaillent tous les deux à la cantine de Facebook. Et si leurs salaires horaires ne sont pas mauvais –elle gagne 17 euros de l'heure, lui 15 euros– ces revenus ne leur permettent pas de vivre dignement dans la Silicon Valley.  A Menlo Park, où se situe le «campus» de Facebook, le loyer mensuel moyen d'un deux-pièces est de 2800 euros. 

Avec leurs trois enfants, le couple vit donc dans le garage du père de Victor, qu'ils ont aménagé. Avant l'arrivée de Facebook dans la ville, le père de Victor avait pu acheter une maison en travaillant dans le jardinage. Un tel investissement est devenu complètement impossible pour la seconde génération, tant la présence des géants de la tech a fait flamber les prix dans la région.

Pour défendre leurs droits, les employés de cantine viennent donc de se syndiquer. Ils ne sont pas directement employés par Facebook, mais par un sous-traitant (Flagship Facility Services) et ne bénéficient donc pas des avantages donnés aux employés de Facebook, notamment en termes d'assurance maladie. Ils se sentent aussi parfois rejetés au quotidien, comme lorsque Facebook a organisé une journée «amenez vos enfants au travail» mais que les enfants des employés de la cantine n'étaient pas invités...

Le manager du syndicat a expliqué que ni Facebook ni Flagship ne s'étaient opposés à leur syndicat, et qu'ils espéraient pouvoir renégocier les contrats. 

Ces problèmes de coût de la vie touchent même des gens qualifiés, qui gagnent pourtant de bons salaires. Récemment, la presse locale avait rapporté que le nouveau chef de la police d'Atherton, la ville juste à côté de Menlo Park, ne trouvait pas où se loger car tout était trop cher pour lui.