Tech & internet

Le harcèlement en ligne? Et alors?

Repéré par Fanny Arlandis, mis à jour le 14.07.2017 à 17 h 55

Repéré sur Slate.com

Certains pensent encore que ce n'est pas grave.

L'application Instagram. | Pixabay CC License by

L'application Instagram. | Pixabay CC License by

Selon une enquête publiée par le Pew Research Center, et relayée par Slate.com, quatre Américains sur dix ont déjà été harcelés sur internet. Les plus touchés: les 18-29 ans. Deux tiers d'entre eux disent avoir subi des attaques, pour 41% de nature violente. Slate.com explique cela par le temps que les jeunes adultes passent sur les réseaux sociaux. Qui n'a pas fait l'expérience ou n'a pas été témoin d'échanges violents entre internautes dans les commentaires d'un post Facebook?

«Alors que l'utilisation d'internet est nécessaire dans de nombreux aspects de la vie moderne ou du travail, de tels statistiques devraient alarmer et inquiéter les compagnies dont les plateformes permettent ces abus», dénonce la journaliste du magazine américain. La gestion de ces formes de violence est d'ailleurs devenue une question récurrente. En décembre 2016, Instagram a par exemple mis en place une nouvelle fonctionnalité pour éviter le harcèlement. L'utilisateur peut désormais désactiver l'option commentaires sur certains de ses posts ou filtrer par mot-clés les réactions de ses abonnés.

Le sondage du Pew Research Center explique que les femmes sont les principales cibles des propos violents. Pour Marie-Anne Paveau, spécialisée de l’analyse des discours numériques, et interviewée par l'Obs, «le corps et la sexualité des femmes sont touchés prioritairement, ainsi que leur pouvoir quand elles le prennent (comme pour les actrices)». Pour ne prendre qu'un exemple, « Klaire fait Grr » a publié en 2016 le livre « Dans ton Com’ » qui fait état des insultes sexistes et des incitations à la haine d’internautes dont elle a fait l'objet lorsqu'elle a publié une vidéo défendant le Planning familial en 2015. En mars 2016, une étude australienne affirmait par ailleurs que le harcèlement en ligne des femmes risquait «de devenir la norme»

Pour autant, la moitié des participants à l'enquête pensent que les propos offensifs en ligne sont pris trop au sérieux. Mais 70% d'entre eux sont des hommes.