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Depuis 2013, la police britannique a recensé plus de 400 cas de sexting chez des enfants

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 13.07.2017 à 10 h 01

Repéré sur The Guardian, BBC

Le plus jeune d’entre eux avait 5 ans.

Smartphone Arjan via Flickr CC License by

Smartphone Arjan via Flickr CC License by

Ces quatre dernières années, 4.305 enfants d’Angleterre et du Pays de Galles auraient pris et envoyé des photos d’eux-mêmes à caractère sexuel, relève le Guardian. Ces chiffres sont la conclusion d’une grande enquête de liberté de l’information lancée par la BBC.

Si la chaîne de télévision précise que les plus enclins à envoyer ce genre d’images sont les adolescants de 13 à 14 ans, le sexting concerne tout de même 400 mineurs de moins de 12 ans depuis 2013. La police de Manchester fait partie de celles qui ont enregistré un nombre particulièrement élevé de jeunes envoyant des images implicites: 695 cas depuis 2013, dont plusieurs concernant des enfants âgés de seulement 7 et 8 ans.

Le plus jeune, interrogé par la police en 2015, n'avait que 5 ans au moment des faits. L’enfant, résidant dans le comté de Durham, au nord de l’Angleterre, avait pris des photos intimes de lui et les avait ensuite envoyées à un autre enfant, via un iPad.

Un mineur de 10 ans résidant dans le comté de Northumbrie a lui aussi été entendu par la police pour avoir envoyé une photo de lui à caractère sexuel à l’un de ses camarades en utilisant l’application de transferts de fichiers Oovoo.

«On ne criminalise pas les enfants»

En Grande-Bretagne, il est illégal de posséder, prendre et distribuer des images sexuelles de personnes de moins de 18 ans, même si cette personne est soi-même. Aller à l’encontre de cette loi peut, pour les mineurs, mener à une surveillance policière ou bien, dans les cas extrêmes, à un placement dans le registre des délinquants sexuels.

Stephen Thubron, détective de la police de Durham, a cependant affirmé à la BBC que le but n'est pas de condamner les enfants, parfois très jeunes, qui recourent à cette pratique:

«On ne criminalise pas les enfants. Le sexting est traité au cas par cas et on essaye toujours de protéger l’enfant. On a travaillé avec des agences spécialisées pour faire en sorte de leur prodiguer des conseils, ainsi qu’à leurs professeurs.»

Des risques pour les enfants

Interrogée par le Guardian, Helen Westermann, membre de la Société nationale de prévention contre la cruauté faite aux enfants (NSPCC) assure que même si les envois de photos sont souvent consentis par les mineurs, ils prennent de grands risques:

«Pour certains enfants, c’est une action volontaire. Pour d’autres, c’est quelque chose qu’ils se sentent obligés de faire. Ils peuvent recevoir des pressions de la part d’amis, de camarades, de leur(s) partenaire(s)… Mais une fois que c’est envoyé, il est impossible de retourner en arrière et les conséquences peuvent être dévastatrices.»

Selon la BBC, beaucoup de mineurs interrogés par la police réservaient les sextos en question à un ou une petit(e) ami(e), sans forcément avoir conscience des conséquences que pouvait avoir l’envoi d’une simple image: chantage, honte, diffusion de la photo au-delà du destinataire d’origine…

Simon Bailey, directeur du Conseil National de la Police britannique pour la protection de l’enfance, affirme que les mineurs, qu’ils soient très jeunes ou bien adolescants, prennent tous le risque que le sexting dégénère.

«Quand une image est envoyée, on perd le contrôle et cela peut causer une importante détresse si elle tombe entre les mains de quelqu’un d’autre», déplore-t-il.

Une situation dont le Royaume-Uni aimerait bien s’extirper, notamment grâce à la prévention dans les écoles. La BBC partage le témoignage de Natalie Smith, qui intervient auprès des jeunes élèves à travers des cours de théâtre et qui entend mettre en garde contre le sexting:

«On essaye de les aider à comprendre qu’il n’y a presque rien de privé sur internet. Et quoiqu’ils partagent sur leurs téléphones, leurs parents peuvent y avoir accès. C’est souvent suffisant pour les faire réfléchir à ce qu’ils font.»