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Comment un lycéen a obtenu une interview avec le ministre de la Défense américain

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 11.07.2017 à 9 h 54

Repéré sur The Islander, The Hill

Le garde du corps de Donald Trump a révélé le numero de portable du ministre par accident, et un jeune reporter lycéen a décidé d'appeler.

Le Ministre de la défense James Mattis lors d'un discours au siège de l'Otan à Bruxelles le 29 juin 2017. JOHN THYS/AFP

Le Ministre de la défense James Mattis lors d'un discours au siège de l'Otan à Bruxelles le 29 juin 2017. JOHN THYS/AFP

En mai, le Washington Post a publié une photo du garde du corps de Donald Trump, Keith Schiller, à la Maison-Blanche avec un dossier dans la main. Il s'est avéré que sur ce cliché on pouvait voir un post-it jaune avec le numéro de portable de James Mattis, le ministre de la Défense. Le journal a rapidement changé d'illustration mais Teddy Fischer, un lycéen de Mercer Island, une banlieue de Seattle, a noté le numéro. 

Il a appelé Mattis et obtenu une interview de quarante-cinq minutes, dont une retranscription vient d'être publiée sur le site de The Islander, le journal de son lycée, le Mercer Island High School.

«La seule chose plus bizarre qu'obtenir le numéro de portable du ministre de la Défense via une fuite, c'est qu'il vous rappelle», a écrit Jane Gormley, la rédactrice en chef du journal.

Sur Twitter, de nombreux confrères ont salué la qualité de l'interview, qui est d'autant plus intéressante que le chef du Pentagone parle très rarement à la presse. 

Une parole bienveillante

 

Mattis, qui est connu pour être un avide lecteur, recommande à Teddy Fischer d'étudier l'histoire: «Cela ne te donnera pas toutes les réponses, mais ça te dira quelles questions il faut poser.»   

Lorsque le lycéen demande à Mattis comment les États-Unis peuvent contrer certaines idéologies néfastes, le ministre propose des échanges éducatifs:

«Chaque lycée en Afghanistan ou en Syrie enverrait un garçon et une fille pour un an à Mercer Island ou à Topeka au Kansas, ou ailleurs.»

Sur la question des différences entre les administrations Obama et Trump en ce qui concerne le Moyen-Orient, Mattis, qui était général sous Obama, est peu critique du prédécesseur de Trump. Il dit simplement qu'Obama aurait peut-être dû plus écouter sa secrétaire d'État, Hillary Clinton, un commentaire à mille lieux de la diabolisation anti-Clinton chère à Trump.

«Je crois que les deux administrations sont deux variations sur le même thème plutôt que deux approches radicalement opposées.»

Vers la fin, le lycéen a tout de même demandé à Mattis pourquoi au juste il avait décidé de le rappeler. (Teddy Fischer avait laissé un message sur le portable du ministre, persuadé que celui-ci ne répondrait jamais). Le ministre a dit qu'il avait aussi grandi dans l'État de Washington et qu'il aimait parler aux jeunes Américains:

«J'ai toujours essayé d'aider les élèves parce que nous devons transmettre aux jeunes ce que nous avons appris, afin qu'ils fassent leurs propres erreurs, mais pas les erreurs qu'on a déjà faites.»