Sports

À Wimbledon, les joueurs doivent supporter les grognements déstabilisants du public

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 03.07.2017 à 16 h 02

Repéré sur The New York Times

Autour des courts à la pelouse impeccablement tondue, le public britannique de Wimbledon n’hésite pas à témoigner de son mécontentement pour les fautes commises à l’aide de grognements désapprobateurs. Une habitude que les joueuses et joueurs professionnels ont toujours eu du mal à supporter.

Le public du court central de Wimbledon pendant la finale dames opposant Venus Williams à sa soeur, Serena Williams, le 4 juillet 2009. ADRIAN DENNIS / AFP

Le public du court central de Wimbledon pendant la finale dames opposant Venus Williams à sa soeur, Serena Williams, le 4 juillet 2009. ADRIAN DENNIS / AFP

Alors que vient de s’ouvrir sur la pelouse londonienne l’édition 2017 de Wimbledon, le 3e tournoi du Grand Chelem de l’année, les tennismen et tenniswomen vont de nouveau devoir jouer sous les grognements du public, relève le New York Times.

S’il y a bien quelque chose d’aussi ancré dans la tradition du tournoi que l’obligation de porter une tenue blanche, il s’agit de l’habitude qu’ont les supporters britanniques de grogner en réaction aux fautes commises par les joueurs. Le New York Times décrit ce bruit par une sorte de long «uuuurrrr..», que l’on pourrait traduire par un «oooohhhh...» en français.

Quand un joueur commet une double faute au service, «ooohhh…», lorsqu’il envoie une balle dans le filet alors que le coup semblait facile, «ooohhh...», s’il met la balle dehors alors qu’il avait tout le court pour lui, «ooohhh...». Un grognement qui témoigne du mécontentement du public pour les coups manqués par les joueurs et les joueuses.

Une épreuve pour les joueurs et les joueuses

 

Ce type de grognement n’est pas propre à Wimbledon, mais lors des autres tournoi du Grand Chelem (l’Open d’Australie, l’US Open et Roland Garros), la foule a en général l’habitude de se taire et d’offrir un silence religieux aux joueurs dès que le point démarre.

Les «ooohhh» de désapprobation du public de Wimbledon ont, à l'inverse, perturbé plus d’un joueur depuis des décennies.

L’Australien Pat Cash, vainqueur du tournoi en 1987, a confié qu’il «détestait vraiment ça»:

«J’aurais aimé demander à la foule de se taire. Vous faites une erreur, et tout le monde fait “ooohhh”. J’avais envie de dire: “Vous croyez que je voulais faire une double faute intentionnellement? Merci d’accentuer mon énervement.” J’ai même dû travailler dessus avec mon psychologue sportif.»

Pam Shriver, ancienne joueuse de tennis américaine, a perdu face à Anke Huber au deuxième tour du tournoi en 1996. Pour elle, les grognements ont joué leur rôle dans la défaite cuisante qu’elle a subi (6-2, 6-1):

«J’ai entendu beaucoup de grognements, et sur le court central, ça peut être très déstabilisant. C’était mon dernier Wimbledon, après dix-neuf ans passés à jouer ici. Sur la balle de match, j’ai fait une double faute au service. La balle a touché mon cadre de raquette et a atterri dans mon carré de service. Pour le dernier point de ma carrière à Wimbledon en simple, je les ai bien entendus

Et sur un court central qui peut accueillir jusqu’à 15.000 personnes, on imagine l’ampleur que peut prendre le fameux «ooohhh...». De quoi énerver les joueurs.

Des grognements positifs?

 

Pour Stanilsas Wawrinka, actuel n°3 mondial au classement ATP, les grognements désapprobateurs du public de Wimbledon sont à appréhender de manière positive:

«Je trouve ça plutôt bien de voir que le public est à fond dans le match. Bien sûr, on n’est jamais content après avoir commis une erreur de jeu, mais ce n’est pas de la faute du public. On a des fans superbes dans notre sport. On fait tous des fautes et quand le point semblait facile, la foule est surprise. N’a-t-on pas tous fait pareil, en regardant des matchs à la télévision?»

Il est vrai que rares sont ceux les amateurs de tennis qui n’ont jamais ragé derrière leur écran lorsque leur joueur favori rate une balle qui semblait pourtant facile.

Mais parfois, ce sont à l’inverse les cris des joueurs et des joueuses qui énervent le public. L’édition 2015 de Wimbledon avait d’ailleurs vu de nombreux téléspectateurs se plaindre des cris que poussait la joueuse russe Maria Sharapova. Beaucoup avaient affirmé avoir été obligés de régler la télévision en mode muet pour ne pas avoir à entendre les cris de la joueuse, qui dépassaient parfois les 100 décibels.

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