Monde

Donald Trump affirme dans un tweet faire l'objet d'une enquête, son avocat dément

Repéré par Rodrigue Arnaud Tagnan, mis à jour le 19.06.2017 à 14 h 44

L'avocat de Donald Trump a insisté dimanche sur le fait que le président américain ne faisait l'objet d'aucune enquête. La presse et l'intéressé prétendent pourtant le contraire.

Le Procureur spécial Robert Mueller chargé de déterminer les liens de l'équipe Trump avec la Russie. 19 juin 2013. Saul Loeb/AFP

Le Procureur spécial Robert Mueller chargé de déterminer les liens de l'équipe Trump avec la Russie. 19 juin 2013. Saul Loeb/AFP

Dans une enquête exclusive, le Washington post avait rapporté la semaine dernière que Donald Trump fait l'objet d'une enquête pour «entrave à la justice» par le procureur spécial Robert Mueller chargé de déterminer les liens entre l'entourage du président américain et la Russie. Une information confirmée par l'intéressé lui-même dans un Tweet le 16 juin: «L’homme qui m’a dit de limoger le directeur du FBI enquête sur moi parce que j’ai limogé le directeur du FBI! Chasse aux sorcières.»

Pourtant, ce dimanche 18 juin, lors d'entretiens télévisés, Jay Sekulow, l'un de ses avocats, a démenti l'information. «Permettez-moi d'être clair sur ce plateau. Comme cela été dit dès le début, le président ne fait l'objet d'aucune enquête pour entrave à la justice», a insisté l'avocat dimanche 18 juin sur la chaîne NBC.

Au cours d'un autre entretien sur Fox News Sunday, il a cependant nuancé ses propos en soulignant qu'il ne pouvait dire avec certitude que Donald Trump n'était pas sous le coup d'une enquête judiciaire parce qu'il ne peut pas «déviner ce que trame» le procureur spécial Robert Mueller.

Botter en touche

Par ailleurs, il estime que le tweet récent du président est une réponse aux allégations du Washington Post sur sa mise en examen : «Le  tweet du président est une réponse à cinq sources anonymes qui ont fuité des détails de l'enquête au Washington Post indiquant que le président fait l'objet d'un examen.»

Dans un communiqué, le quotidien a indiqué qu'il maintenait «les informations que le président Trump a lui-même confirmé vendredi dans un tweet.»

D'autres journaux tels que le Wall Street Journal et NBC News avaient aussi confirmé les informations du journal d'investigation sur la mise en accusation du président.

Trump disposé à parler sous serment 

Pour refuter la mise en examen du président, Jay Sekulow s'appuie en réalité sur le récent témoignage de James Comey, l'ancien directeur du FBI limogé par la Maison-Blanche: «Comey a informé le président qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête.» Mais selon le Washington Post, ces propos ont été tenus par l'ancien directeur du FBI avant qu'il ne soit limogé par Trump et que le ministère de la Justice ne nomme Robert Mueller pour superviser l'enquête.

Sur CBS, l'avocat a avancé aussi le fait que «nous n'avons reçu aucune notification d'enquête.» Ajoutant donc qu'il ne pouvait «imaginer un scénario» où Trump serait mis en examen.

Mais le Manuel du procureur des États-Unis ne décrit aucune exigence de notification, en particulier si les procureurs sont entrain de recueillir leurs preuves. Le procureur est simplement encouragé à notifier l'objectif de son enquête dans un «délai raisonnable» avant de formuler un acte d'accusation pour donner l'opportunité au témoin de témoigner devant un grand jury.

L'avocat a terminé par réeitérer la volonté du président de témoigner sous serment au sujet des liens de son entourage avec la Russie. Il a cependant précisé qu'il n'avait pas encore déterminé si une telle session aurait lieu avec le procureur spécial ou dans le cadre de l'enquête du Congrès sur l'ingérence du Kremlin dans le processus électoral pendant la présidentielle.