LGBTQMonde

En Corée du Sud, l’armée fait la «chasse» aux soldats gays

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 12.06.2017 à 14 h 28

Repéré sur CNN, Amnesty International

Le code pénal militaire permet de les condamner jusqu'à deux ans de prison. Des douzaines de personnes ont été arrêtées.

Des soldats sud-coréens s'entraînent à Goyang, le 14 mars 2017. JUNG YEON-JE / AFP

Des soldats sud-coréens s'entraînent à Goyang, le 14 mars 2017. JUNG YEON-JE / AFP

L'homosexualité n'est pas illégale en Corée du Sud pour les citoyens. Pourtant, les groupes de défense des droits de l'homme font régulièrement état d'atteintes aux droits des minorités sexuelles, notamment au sein de l'armée où la loi interdit encore ces relations punies de deux années de prison. CNN, qui a enquêté sur le sujet, écrit sur son site que «le code pénal militaire interdit l'activité homosexuelle avec l'article 92-6 “pour que la communauté militaire reste saine”. La loi estime que les relations sexuelles entre les soldats sont des “comportements honteux”, semblables à des agressions sexuelles.»

Cette loi a fait la une des journaux lorsque, en janvier dernier, une vidéo mise en ligne montrait deux soldats en pleine étreinte. Depuis, si l'on en croit certains médias et associations, au moins 32 personnes ont été inculpées en raison de leur homosexualité. L'armée aurait même utilisé des applications de rencontres pour vérifier l'orientation sexuelle de ses soldats.

CNN a pu parler avec le «Sergent A», membre de l'armée qui fait actuellement l'objet de poursuites en raison de son homosexualité. Ce dernier raconte la visite d'enquêteurs au mois de mars, lui disant que son ancien partenaire avait avoué et lui posant des questions très personnelles sur sa vie privée. «L'atmosphère était très oppressante et humiliante, j'étais effrayé.» On l'aurait même menacé de révéler son homosexualité à son unité s'il refusait de leur donner son téléphone.

La société pas prête?

 

Fin mai, la directrice de recherche d'Amnesty International pour l'Asie de l'est Roseann Rife a pris la parole pour dénoncer cette politique:

«Le président Moon Jae-in doit envoyer un message sans équivoque pour montrer que la discrimination basée sur l'orientation sexuelle ou le genre ne sera pas tolérée, notamment à l'armée. Il est temps pour la Corée du Sud d'abroger cette disposition archaïque et discriminatoire dans le code pénal militaire, et se mettre à jour en ce qui concerne les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transexuelles ou intersexes.»

Seulement voilà, le président Moon Jae-in a créé la polémique durant la récente campagne électorale lorsqu'il a expliqué à la télévision être «opposé» à l'homosexualité. Quelques jours plus tard, il a fait marche arrière, tout en estimant qu'il était encore «un peu tôt» pour autoriser l'homosexualité dans l'armée. Il jugeait alors que la société sud-coréenne n'était pas prête. Depuis, il n'a pas abordé de nouveau le sujet.

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