LGBTQMonde

Poutine n’a pas besoin de jours de congés, car il n’a pas ses règles...

Repéré par Mathilde Dumazet, mis à jour le 07.06.2017 à 18 h 05

Repéré sur Bloomberg

Au cas où vous ne seriez pas au courant: Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, n’est «pas une femme». Et visiblement, cela lui permet de ne jamais prendre de congés et de faire des remarques homophobes.

Vladimir Poutine chez le docteur Viktor Petrachenkov à Smolensk Regional Hospital, le 25 août 2011 | ALEKSEY DRUZHININ / AFP

Vladimir Poutine chez le docteur Viktor Petrachenkov à Smolensk Regional Hospital, le 25 août 2011 | ALEKSEY DRUZHININ / AFP

«Je ne suis pas une femme, donc je n’ai pas de mauvais jours. Je ne veux insulter personne. C’est juste la nature des choses. Il y a des cycles qui sont naturels.» Mieux qu’une visite guidée du Kremlin, Poutine a proposé à Oliver Stone une visite de la salle d'armes agrémentée de ses réflexions philosophiques sur les cycles menstruels des femmes. Si le président russe ne prend pas de congés, c’est donc parce qu’il n’a pas ses règles...

Après s’être intéressé à Edward Snowden, John Fitzgerald Kennedy, Fidel Castro et Hugo Chavez, le réalisateur oscarisé s’attaque à un autre gros poisson: Vladimir Poutine. Du 12 au 15 juin, une série documentaire sur le président de la Fédération de Russie sera diffusée aux États-Unis sur Showtime. Entre juin 2015 et février 2017, le cinéaste a pu rencontrer Poutine à de nombreuses reprises.

«Les deux premières heures ne nous ont pas appris grand chose de nouveau», écrivent trois journalistes de Bloomberg qui ont eu accès au documentaire avant sa diffusion. Effectivement, les quelques extraits racontés confirment seulement le fait que le président russe est «macho» (selon Bloomberg) et homophobe.

«Judo Master»

Interrogé sur les discriminations engendrées par la loi qui interdit, depuis 2013, la «propagande homosexuelle aux mineurs», Poutine a répondu qu’il n’y avait «aucune restriction»… comparé aux pays islamiques dans lesquels les homosexuels risquent la peine de mort.

«Prendriez-vous une douche à côté d’un homosexuel dans un sous-marin?», lui a par la suite demandé Oliver Stone. «Je préfèrerais ne pas prendre de douche avec lui. Pourquoi le provoquer? Mais vous savez… je suis un judoka confirmé», a-t-il répondu «en riant», selon Bloomberg. Pas sûr que les homosexuels torturés en Tchétchénie (République qui fait partie de la Fédération de Russie) aient trouvé cette remarque très drôle.

Les journalistes de Bloomberg ont pointé du doigt la technique d’Oliver Stone qui consiste à «laisser le leader russe mener la conversation et éviter de vérifier ses remarques ou d’interroger des figures de l’opposition». Ils semblent avoir préféré l’interview de Vladimir Poutine par Megyn Kelly pour NBC News. Diffusé le 4 juin pour inaugurer la nouvelle émission de la chaîne, l’entretien a permis d’aborder des points sensibles des relations diplomatiques entre la Russie et les États-Unis.

À quelques jours de l'audience de l’ancien directeur du FBI, la journaliste a interrogé Poutine sur ses liens avec Donald Trump et sur son influence sur la campagne électorale américaine. Pour le président américain, ce sont des «fake news», pour son homologue russe, «les preuves qui accusent la Russie pourraient avoir été inventées». Un point d’accord entre les deux dirigeants, ce qui n’est pas le cas sur le sujet… des jours de congés.

[email protected] : je pense que Poutine t'a jeté la pierre à propos des jours de congé. Si tu me demandes: être une femme, c'est super. Sauf pendant une semaine chaque mois.»

Plusieurs internautes ont en effet conseillé à Trump de suivre l’exemple de Poutine et de ne pas prendre trop de jours de congés, sans toutefois aller jusqu’à affirmer que le président des États-Unis les prendrait en raison de ses cycles menstruels.