France

Face au terrorisme, notre bulletin de vote doit être notre meilleure réponse

Laurent Sagalovitsch, mis à jour le 21.04.2017 à 9 h 08

[BLOG] Il est à espérer que chacun, le moment de stupeur et d’écœurement passé, trouvera en lui le sang-froid nécessaire pour ne point céder à l'appel d'un extrémisme simpliste et porteur d'une idéologie mortifère.

Flickr/Daniel Stockman-France 2011

Flickr/Daniel Stockman-France 2011

Le lâche assassinat d'un policier dans l'exercice de ses fonctions, à l'heure précise où se tenait le dernier débat de l'élection présidentielle, nous redit à quel point nous sommes vulnérables à ce genre d'attaques, vulnérables physiquement mais aussi émotionnellement.

Combien nos démocraties sont fragiles. Combien, quand elles sont attaquées de la sorte, nous ressentons, en chacun de nous, une sorte de tristesse lourde mêlée à un infini sentiment de colère.

La colère d'apprendre qu'un homme dont la qualité première est de nous protéger a été abattu par un chien de terroriste dont les motifs encore et toujours nous apparaissent aujourd'hui et nous apparaîtrons demain si saugrenus, si dérisoires, si hors d'atteinte de notre intelligence et de notre raison, que nous ne saurons quoi entreprendre pour ramener ce genre d'individus à la raison.

Comme si c'était un peu de nous qui s'en était allé hier soir, comme si c'était un membre de notre propre famille qui avait péri dans cet assaut sanglant, comme si nous ressentions cette perte avec d'autant plus d'acuité et de force qu'elle venait de toucher un homme dont l'une des missions était précisément d'éviter que pareille attaque ne nous arrive jamais.

Une mort par procuration.

A l'annonce de la nouvelle, nous avons tous secoué la tête de dépit, nous avons tous ressenti au plus profond de nous-même comme une brisure, une morsure, une sorte d’écœurement suivi par une volonté tout aussi profonde de ne point céder au découragement face à ce genre d'attaques dont nous savons trop qu'elles cherchent avant tout à nous diviser, à semer le chaos et le désordre, à entretenir la confusion dans nos esprits.

Chacun face à un tel drame réagira selon sa sensibilité. Chacun en tirera les leçons qu'il convient. Chacun se questionnera pour savoir si un tel acte est de nature à changer son vote de dimanche.

Chacun s'efforcera d'agir en conscience.

Et il est à espérer que chacun, le moment de stupeur passé, trouvera en lui le sang-froid nécessaire pour ne point céder à l'appel d'un extrémisme dont plus que jamais nous devons éviter la fréquentation afin de continuer à opposer au visage de ceux qui nous défient le beau et fort et inexpugnable visage d'une solidarité sans faille.

Surtout ne pas céder à la panique.

Notre bulletin de vote est notre arme à nous. La seule dont nous disposons individuellement. Notre bouclier et notre unique rempart. 

Plus que jamais, il s'agit de l’utiliser avec le maximum de clairvoyance.

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Laurent Sagalovitsch
Laurent Sagalovitsch (71 articles)
romancier