France

Attentat: que s'est-il passé sur les Champs-Élysées?

Repéré par Slate.fr, mis à jour le 21.04.2017 à 12 h 54

Un policier a été tué et l'assaillant abattu. «L'identité de l'attaquant est connue», a précisé le procureur de Paris François Molins.

Le 20 avril 2017 à Paris, THOMAS SAMSON / AFP

Le 20 avril 2017 à Paris, THOMAS SAMSON / AFP

  • Un policier a été tué et deux autres grièvement blessés lors d’une fusillade, jeudi 20 avril, aux alentours de 21 heures, sur l'avenue des Champs-Elysées, à Paris. 
  • Karim Cheurfi, l'assaillant abattu sur les lieux de l'attentat, avait 39 ans et était largement connu des services de police. Sorti de prison en 2015, il avait été visé par une enquête du pôle antiterroriste après des menaces de morts proférées contre les forces de l'ordre, selon Le Monde.
  • L'État islamique a revendiqué l'attaque.
  • Plusieurs candidats à la présidentielle (Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon) ont annoncé l'annulation de leurs déplacements ou de leurs meetings

Une fusillade a éclaté jeudi 20 avril vers 21 heures sur les Champs Elysées à Paris entre des policiers et un ou deux hommes lourdement armés; l'Etat islamique a revendiqué l'attaque peu après que François Hollande confirme la piste terroriste. 

La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie et l'ouverture d'une enquête annoncée environ une heure avant la revendication, qui s'est faite rapidement comme le souligne le journaliste de France24 Wassim Nasr.

Selon des sources proches de l'enquête citées par Le Monde, l'assaillant abattu sur les Champs-Élysées est Karim Cheurfi. Il ne faisait pas l'objet d'une fiche S, mais était largement connu des services de police «pour des faits de droit commun». Son casier judiciaire fait état d'une vingtaine de mentions depuis 1996, dont une incarcération pour une triple tentative d'homicides volontaires en 2001. Il était sorti de prison en 2015.

«La radicalisation de l'assaillant n'avait pas été repérée avant, sauf depuis ses menaces de mort proférées à l'encontre des forces de l'ordre, qui avaient mené à l'ouverture d'une enquête par la section antiterroriste du parquet de Paris en février 2017»ajoute le quotidien. L'homme avait été interrogé, mais remis en liberté, faute d'éléments.

Dans un communiqué, l'EI évoquait le nom de «Abu Youssef al-belgiki».

«Pas de lien» avec la Belgique?

Pour l'heure, il n'existe «pas de lien»,  pour le moment, entre l'attentat des Champs-Elysées et la Belgique, a précisé le parquet fédéral belge. Un avis de recherche visant un homme signalé par les services belges «est parvenu aux services français», avait déclaré vendredi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, sans toutefois confirmer avec certitude un lien avec l'attentat sur les Champs-Elysées. L'homme en question s'est présenté peu après dans un commissariat d'Anvers, en Belgique, a-t-il ensuite précisé.

Le procureur de Paris François Molins a fait un point presse à 00h30 le 21 avril:

«Ce soir à 20h50, un individu armé d'un fusil d'assaut a tiré sur des policiers en faction devant le magasin Marks & Spencer des Champs-Elysées, tuant un policier, en blessant un autre gravement, ainsi qu'une touriste qui passait par là. Le terroriste a été tué par des tirs de riposte. L'identité de l'attaquant est connue, a été vérifiée. Je ne vous la donnerai pas car des perquisitions sont en cours, pour savoir s'il a bénéficié de complicités.»

Le ministère de l'Intérieur a précisé le déroulé des faits:

«L'assaillant a tué un policier en sortant de sa voiture, puis s'est mis à courir sur le trottoir en visant d'autres policiers. Ils ont été blessés à ce moment-là, puis d'autres ont riposté et l'ont abattu. Des vérifications sont en cours ainsi que des opérations de déminage du véhicule de l'assaillant​​​»


«Nous serons d'une vigilance absolue lors du processus électoral», a déclaré le chef de l'Etat, qui a aussi annoncé la tenue d'un conseil de défense vendredi matin, et d'un hommage national pour le policier tué.

Deux policiers ont en outre été grièvement blessés. L'assaillant a été abattu par les forces police.

Une passante a aussi été blessée. Trois membres de l'entourage de l'assaillant ont été placés en garde à vue, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP. 

 

La voie a été évacuée et fermée par les forces de l'ordre. La Préfecture de police de Paris demande d'éviter le secteur.

La circulation a repris au matin du 21 avril sur l'avenue parisienne, note un journaliste de France info sur Twitter.

Au lendemain de l'attentat, le 21 avril, François Hollande a organisé un conseil de défense à l'Élysée. Le chef du gouvernement Bernard Cazeneuve a pris la parole:

«Au cours des prochains jours, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés afin de garantir la sérénité du déroulement des opérations électorales. Rien ne doit entraver [le] rendez-vous démocratique» 

Plusieurs candidats à l'élection présidentielle ont annoncé l'annulation de leurs déplacements –François Fillon et Marine Le Pen– ou de leurs meetings. Emmanuel Macron devait tenir deux meetings, le 21 avril, à Arras et Rouen. Benoît Hamon, lui, a décidé de maintenir son déplacement dans le Tarn.