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Arrêtons de nous excuser de répondre en retard aux e-mails

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 20.04.2017 à 16 h 05

Repéré sur New York Magazine, Bloomberg, Catapult

On établit la norme selon laquelle toute réponse doit être immédiate, alors que ce n'est pas forcément le cas.

Répondre aux emails, même en vacances? | KaboomPics via Pexels CC License by

Répondre aux emails, même en vacances? | KaboomPics via Pexels CC License by

«Être adulte, c'est écrire par e-mail “Désolé pour la réponse tardive” encore et encore jusqu'à notre mort», écrivait sur Twitter l'auteure Marissa Miller en février dernier. Le tweet a été retweeté près de 30.000 fois et aimé presque 40.000 fois. Une très forte résonance, assez peu fréquente sur Twitter d'ailleurs, note le New York Magazine, qui illustre bien à quel point ce sujet –les réponses en retard aux e-mails– touche du monde.

Et s'il était temps d'arrêter de s'excuser de répondre tardivement aux e-mails. Et si l'on apprenait à considérer autrement ce genre de conversations? C'est la théorie de Melissa Febos, auteure d'un long article publié sur Catapult et limpidement titré «Voulez-vous être reconnu pour votre style d'écriture ou pour votre capacité à répondre rapidement aux e-mails?» À trop vouloir s'excuser de répondre en retard, regrette-t-elle, on établit la norme selon laquelle toute réponse doit être immédiate, alors que ce n'est pas forcément le cas.

Au fond, le délai de réponse à un e-mail est le cœur du problème. Tous les e-mails ne méritent pas une réponse dans la minute. Certains peuvent attendre quelques heures, quelques jours. D'autres, fonctionnant davantage comme un rappel que comme un message, ne nécessitent même parfois pas de réponse de notre part.

Mieux hiérarchiser

Et pourtant, on a trop souvent tendance à penser qu'ils ont tous le même degré d'importance, et donc qu'ils méritent d'obtenir un retour le plus rapide possible, ajoutait Dan Ariely, professeur de psychologie et d'économie comportementale, dans un podcast de Bloomberg mis en ligne en mars 2017.

«Avec les e-mails, nous traitons tout de manière urgente. Il y a pourtant une grande différence entre important et urgent. Sans manque vouloir manquer de respect à ma mère, ce qu'elle m'écrit est certes important, mais rien jusque-là ne s'est avéré être urgent, par exemple.»

À l'avenir, la solution pourrait être d'établir une hiérarchie dans les e-mails et dans la réponse à leur apporter, notamment en fonction de leur urgence. Pour cela, libre à vous de créer une échelle d'importance afin de classer les e-mails que vous recevez. Si cela vous semble trop compliqué à mettre en place, peut-être trouverez vous votre bonheur dans une application, recommandée et codéveloppée par Dan Ariely en personne, Filtr. Celle-ci permet de classer par ordre d'importance ses contacts et offre un affichage des messages reçus réagencé selon ces critères d'urgence.

Sur ce, je vous laisse, j'ai quatre emails en suspens qui attendent une réponse.