Science & santé

Un antibiotique créé à l'aide d'une pincée de sang de dragon

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 20.04.2017 à 11 h 24

Repéré sur New York Times

Des biochimistes étudient une substance issue du sang d’un dragon Komodo, Tujah, qui aurait des propriétés bactéricides.

Des dragons de Komodo sont nourris par les travailleurs du zoo Surabaya en Indonésie le 5 juin 2015 / AFP PHOTO / Juni KRISWANTO 
JUNI KRISWANTO / AFP

Des dragons de Komodo sont nourris par les travailleurs du zoo Surabaya en Indonésie le 5 juin 2015 / AFP PHOTO / Juni KRISWANTO JUNI KRISWANTO / AFP

Non, vous ne rêvez pas, il ne s’agit pas d’une formule d’alchimiste ou de sorcière pour créer un philtre quelconque: des biochimistes pensent bel et bien avoir trouvé un type d’antibiotique à partir de sang de dragon. Oubliez vite cependant vos fantasmes: il s’agit de dragons du Komodo et non de bestioles crachant du feu.

En effet, selon le New York Times, des scientifiques de la George Mason University ont récemment isolé une substance dans le sang d’un dragon Komodo qui semble avoir des pouvoirs bactéricide puissants. Inspirés par cette découverte, ils ont créé une substance chimique similaire en labo et l’ont appeél DRGN-1. Testée sur des souris ayant reçu des tissus de peau infectés, elle a eu trois impacts positifs après application:

«Cela a perforé la membrane extérieure des bactéries gram négatif et gram positif, cela a dissous les biofilms qui collaient les bactéries ensembles et cela a accéléré la guérison de la peau.»

Des sources riches en potentiels antibiotiques

 

Publiée la semaine dernière dans le journal Biofilms, cette étude participe d’une course aux nouveaux antibiotiques, alors que de plus en plus de bactéries développent des résistances aux drogues existantes –au point que l’Organisation mondiale de la santé a publié le classement des superbactéries les plus dangereuses, dans un appel désespéré pour trouver des nouvelles armes contre elles.

Si les auteurs principaux de cette étude, Monique L. Van Hoek et Barney M. Bishop, s'intéressent de près aux crocodiles et surveillent les lézards comme le dragon, c’est parce qu’ils peuvent survivre à de graves blessures, dans des environnements sales et ce, sans attraper des infections. Par ailleurs, ils ont une salive qui possède diverses bactéries qui ne semblent pas les affecter.

Pour cette étude, il a fallu trouver un dragon du Komodo dans un zoo –l’espèce, menacée, étant considérée comme divine par leur pays d’origine, l’Indonésie– ainsi que des gardiens assez courageux pour prendre un peu de son sang sans anesthésie. Le lauréat? Tujah, un mâle de 45 kilos issu du St Augustine Alligator Farm and Zoological Park en Floride.

Si son sang est une «source riche» en potentiels antibiotiques, Dr. Van Hoek et Dr. Bishop rassurent les amis des animaux: ils ne chasseront pas des dragons pour leur sang, et ils ne créeront pas des «fermes à dragons» pour les saigner.