Science & santé

Être désagréable au bureau a du bon

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 20.04.2017 à 10 h 41

Repéré sur Quartz

Se forcer à sourire est mauvais pour la santé.

Chat méchant | Allen Watkin via Flickr CC License by

Chat méchant | Allen Watkin via Flickr CC License by

Le lieu de travail devrait-il être un espace où les employés seraient en permanence souriants et heureux, cela dans le but d’améliorer leur productivité? Meredith Bennett-Smith du site Quartz fait état de sa tendance à être ronchon dans sa rédaction, pour son bien et celui de son travail, assure-t-elle.

L’idée qu’il faudrait se montrer sous son meilleur jour pour permettre une meilleure productivité est bien ancrée dans les mentalités. Le sociologue et économiste William Davies écrit dans son livre The Happiness Industry (L’Industrie du bonheur):

«Les employeurs cherchent diverses façons de stimuler le moral et l'humeur des employés, ou, si cela échoue, les instruire sur la façon de se comporter de manière satisfaisante. Je pense que cela est plus prononcé en Amérique, où l'optimisme et l'estime de soi sont presque des obligations morales. Mais ce n'est pas limité aux États-Unis.»

Risques de dépression

Pourtant, cet état positif forcé est contre-productif. Une étude de l’université du Michigan souligne que se sentir forcé d’apparaître agréable et enjoué a des conséquences négatives allant de l’épuisement émotionnel à l’état de manque, les femmes y sont particulièrement sensibles. Susan David, docteur en psychologie à l'université d'Harvard, met en évidence des risques de dépression et de maladies cardio-vasculaires, précise Quartz. Meredith Bennett-Smith multiplie les références scientifiques, qui ne manquent pas, pour étayer son propos.

Au contraire, adopter un air renfrogné ou plus exactement s’autoriser à être de mauvaise humeur peut mener à une plus forte productivité, à moins d’erreurs et à des meilleures capacités de communication. Joseph Forgas, professeur en psychologie de l’université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, démontrait déjà en 2009 les bienfaits de la mauvaise humeur sur notre esprit critique:

«L'humeur négative fonctionne comme un signal d'alarme doux, nous informant que nous sommes confrontés à une situation nouvelle, inconnue et potentiellement problématique, et produisons subconsciemment un style de pensée plus attentif et plus concentré.»