Parents & enfantsMonde

Des écoles américaines humilient les élèves qui ne peuvent pas payer leur repas

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 11.04.2017 à 10 h 34

Repéré sur New York Times

Cette pratique dite du «lunch shaming» vient d'être interdite dans l'État du Nouveau Mexique, mais persiste ailleurs.

Repas à la cantine | JUDY BAXTER via Flickr CC License by

Repas à la cantine | JUDY BAXTER via Flickr CC License by

L'État du Nouveau Mexique vient de passer une loi interdisant ce qu'on appelle le «lunch shaming», soit le fait de faire honte à un élève dont les parents n'ont pas payé pour les repas à la cantine. Le New York Times explique que dans certaines écoles publiques, les écoliers qui n'ont pas versé les paiements reçoivent un tampon «j'ai besoin d'argent pour la cantine» sur le bras.

Dans d'autres cas, l'administration demande aux écoliers de nettoyer les tables en échange de repas gratuits. Il arrive même que la direction force les employés de cantine à ne pas servir les jeunes qui doivent de l'argent, voire à jeter leur nourriture.

En septembre dernier en Pennsylvanie, une employée de cantine scolaire avait démissionné pour protester contre de nouvelles règles forçant les employés à ne pas servir de repas chauds aux élèves endettés. S'ils devaient plus de 25 dollars, les jeunes avaient droit à un sandwich, mais pas à un repas chaud. Les situations varient selon les écoles.

Un signe inquiétant

Le gouvernement fédéral garantit des repas gratuits aux familles pauvres, et les foyers aux revenus modestes ont droit à des réductions, mais elles s'avèrent parfois insuffisantes.

En décembre dernier, une journaliste a lancé une collecte de fonds pour payer les dettes de cantine de familles en difficulté à travers le pays. Des centaines de milliers de dollars ont ainsi été récoltés.

Grâce à la nouvelle loi signée par la gouverneure du Nouveau Mexique Susana Martinez, le «lunch shaming» est désormais illégal dans l'État. Les écoles devront gérer la situation avec les parents ou les aider à obtenir des bourses.

L'élu local qui a proposé la loi avait été victime de ces humiliations pendant sa jeunesse et expliquait au New York Times:

«Je devais laver le sol de la cantine. C'était vraiment visible que j'étais un des enfants pauvres de l'école.»

Sur Twitter, beaucoup ont noté que le «lunch shaming» était représentatif d'une attitude américaine particulièrement punitive à l'égard de la pauvreté, comme ici, Justin Hendrix, du NYC Media Lab:

«Le “lunch shaming” est l'aboutissement d'une logique qui considère la pauvreté comme un échec moral personnel. C'est un signe inquiétant que notre société est dans l'erreur.»