Histoire

Quand les nazis voulaient utiliser les musulmans et échouèrent

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 11.04.2017 à 14 h 42

Repéré sur Timeline

Durant la Seconde Guerre mondiale, Hitler tenta d’employer l’islam et les musulmans comme une arme contre les juifs. Avec assez peu de succès.

La 13ème section des SS en pleine prière lors d'un entraînement à Neuhammer, en Allemagne, en novembre 1943. | German Federal Archives  via Wikimedia Commons License by

La 13ème section des SS en pleine prière lors d'un entraînement à Neuhammer, en Allemagne, en novembre 1943. | German Federal Archives via Wikimedia Commons License by

L’islam, une «religion très pratique pour les soldats» en raison des perspectives de paradis promises aux martyrs, tel était l’avis d’Heinrich Himmler, chef des SS et l’un des architectes de l’Holocauste. Comme lui, Hitler éprouvait vis-à-vis de cette religion une fascination étonnante qui le conduisait à y voir une communauté virile, guerrière et antisémite, c’est-à-dire tout l’inverse de ce qu'il voyait comme une corruption judéo-chrétienne qui avait, selon lui, empoisonné l’Occident. Dans l'esprit d'Hitler, les musulmans pouvaient même s'avérer utiles, nous rapporte un article de Timeline:

«Hitler pensait que les musulmans pouvaient être manipulés pour être un outil puissant pour les nazis. Pour la plupart des cas il a eu tort, et la majorité des musulmans s’est battue contre l’Allemagne. Néanmoins, un nombre significatif –une division entière– était radicalisée à travers un partenariat avec des musulmans extrémistes virulemment antisémites

Admiratif de la Turquie (que ce soit son pour traitement des minorités, ou pour la conquête du pouvoir par Atatürk, qui était un modèle pour lui), Hitler souhaitait reprendre l’idée de Max Von Oppenheim, directeur du NFO, les services de renseignement allemand en Orient pendant la Première Guerre mondiale. Ce dernier avait tenté, sans trop de succès, d’utiliser le fanatisme islamique comme arme au profit de l'Allemagne et de son allié ottoman pendant la Grande Guerre

L'aide du Grand Mufti de Jérusalem

C’est par l’intermédiaire de Mohammed Amin al-Husseini, Grand Mufti de Jérusalem –et ainsi dirigeant politique musulman le plus haut gradé en Palestine–, que Hiltler tenta de mettre son projet en œuvre. Le Grand Mufti était en effet d’un antisémitisme débordant, au point d’organiser des attaques contre les juifs du Moyen-Orient et de diffuser de la propagande sur des stations de radio contrôlées par les nazis. D'après Timeline, Al-Husseini affirma même à Hitler que les musulmans avaient les mêmes ennemis que les nazis: les Juifs, les Anglais et les Russes.

Le mufti fut chargé de recruter ceux qui composèrent plus tard la division SS de musulmans bosniaques, la première division SS non-germanique. Chose improbable dans un contexte de racisme radical, puisque les musulmans étaient littéralement qualifiés de «racialement inférieurs» dans Mein Kampf. Très pragmatique, Hitler déclara cependant, comme le raconte Timeline, que les musulmans de Bosnie étaient des «Aryens purs», tandis que le mufti était déclaré «Aryen d’honneur». Cette création donna lieu à un improbable mélange esthétique de nationalisme blanc et de culture moyen-orientale.

De jeunes SS de la division des musulmans bosniaques lisant un pamphlet antisémite déclarant que les juifs sont les «ennemis de l'islam». German Ferderal Archives

La principale raison expliquant l’émergence d’une telle division SS était la lutte contre le communisme, qui avait fait subir aux populations visées par ce recrutement tant l’oppression religieuse que la misère économique. Il y eut ainsi 20.000 troupes dans la Division Montagne de la Waffen SS.