Science & santé

De l'importance d'avoir un deuxième avis de médecin

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 06.04.2017 à 14 h 02

Repéré sur Quartz, The National Academies Press, The Washington Post

Le meilleur moyen d'obtenir le bon diagnostic... est de se donner les chances d'obtenir un bon diagnostic.

Un hôpital américain | KoalaPark via Pixabay CC License by

Un hôpital américain | KoalaPark via Pixabay CC License by

Même après des années d'études, d'internat et de pratique, établir un diagnostic parfait du premier coup reste un exercice délicat pour les médecins. C'est en tout cas ce que démontre une étude publiée dans le Journal of Evaluation in Clinical Practice et menée par des chercheurs de la Mayo Clinic, une fédération hospitalo-universitaire de recherche américaine de renomée mondiale.

Selon leurs observations, 88% du temps, le diagnostic d'un patient évoluait «au moins légèrement» lorsqu'un second avis médical était sollicité, rapporte Quartz. L'étude a été menée à partir des dossiers médicaux de 286 patients qui, après avoir consulté un médecin entre 2009 et 2010, ont été soumis à une seconde consultation médicale. Seulement 12% des patients sont ressortis de la seconde consultation avec un diagnostic identique à celui de la première consultation. 66% des patients sont sortis de leur second rendez-vous avec un diagnostic «légèrement altéré». En revanche, un cinquième des patients étudiés se sont vus diagnostiquer un tout autre problème de santé, appuie Quartz.

Vers davantage de collaboration?

À la décharge des médecins, Mark Graber, médecin et fondateur de la Society to Improve Diagnosis in Medicine, rappelle l'un des obstacles majeurs auxquels sont confrontés les médecins: «Il existe près de 10.000 maladies et seulement 200 ou 300 symptômes», dit-il dans une interview au Washington Post. En clair, il existe un nombre très élevé de combinaisons de symptômes possibles qui peuvent désigner une ou plusieurs maladies. La solution, aux yeux des chercheurs à l'origine de l'étude, pourrait être d'inciter les professionnels de santé, notamment les médecins, à une plus étroite collaboration afin d'élaborer ensemble le bon diagnostic.

L'an dernier, une étude controversée de l'université Johns Hopkins (États-Unis) estimait que les «erreurs médicales» –un terme qui inclue les erreurs de diagnostic– étaient la troisième cause de mortalité dans les hôpitaux américains, derrière les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Bien que les erreurs de diagnotic ne sont pas mentionnées dans les certificats de décès, ce qui complique l'évaluation de l'ampleur de ces dernières, les estimations pointent qu'elle sont toutefois à l'origine de 10% des décès de patients et à 17% des complications en milieu hospitalier aux États-Unis.

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