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Pourquoi a-t-on l'impression de mieux manger à l'étranger?

Robin Panfili, mis à jour le 27.06.2017 à 14 h 34

Une fois en vacances à l'étranger, nos repères sont bouleversés, notamment ceux liés au goût.

Dans les rues de Yashoton en Thaïlande en 2013. | Takeaway via Wikimedia CC License by

Dans les rues de Yashoton en Thaïlande en 2013. | Takeaway via Wikimedia CC License by

À chaque retour de vacances à l'étranger, on ramène et on conserve souvent, qu'on le veuille ou non, de nombreux souvenirs de paysages, de visites, de discussions ou de rencontres. Mais il est une chose sur laquelle on ne s'attarde que très peu, mais que de nombreux de voyageurs partagent pourtant, c'est la qualité de l'expérience culinaire à l'étranger. Par exemple, je me souviens avoir mangé en Bosnie-Herzégovine les meilleurs bureks de ma vie. Et à Rome le meilleur plat de pâtes de ma vie.

Ce bouleversement dans la perception du goût des aliments pousse à s'interroger: pourquoi la nourriture consommée lors de vacances à l'étranger nous semble-t-elle meilleure? Dans sa rubrique Science of Us, le New York Magazine tente de répondre à cette question en s'appuyant sur le travail de John Glendinning, un biologiste américain qui s'est spécialisé dans l'étude du goût, et a partagé ses souvenirs lors d'une récente conférence sur le goût et les odeurs organisée par le Barnard College à New York.

Le biologiste y raconte comment, lors d'un voyage au Japon, il s'est laissé tenter par un plat de sauterelles recouvertes de sauce teriyaki et comment cette découverte culinaire a bouleversé ses repères:

«Si ma mère m'en avait servi, je n'aurai pas touché le plat. Mais, un océan plus loin de chez moi, entouré par un environnement qui ne m'était pas familier, le repas était délicieux», a-t-il déclaré lors de cette conférence.

Lors d'un voyage, qu'importe l'endroit, vos impressions liées à la nourriture, vous disposez de la même génétique, des mêmes goûts... Alors qu'est-ce qui peut rendre des plats consommés à l'étranger meilleurs? Le contexte, d'abord. «Nouvel endroit, nouvelles choses», écrit le New York Magazine. Un aliment que l'on mangerait chez soi n'aura pas la même saveur s'il est goûté dans un environnement différent et associé à d'autres aliments culturellement ou gustativement proches, ajoute John Glendinning:

«Je pense que les sauterelles m'ont plu à l'époque parce qu'elles correspondaient à tous les autres plats auxquels j'ai régulièrement goûté dans cette région du Japon.»

Le magazine développe un autre argument pour expliquer ce phénomène: le conformisme alimentaire. D'abord, le fait de manger de la nourriture locale permet à un voyageur de se sentir «comme un local». Et puis, les humains ont tendance à se calquer sur les goûts et les habitudes alimentaires des groupes sociaux qu'ils côtoient, notamment à l'étranger. Ainsi, en d'autres termes, si la nourriture semble parfois meilleure en vacances, c'est simplement parce que c'est ce que l'on attend d'elle, conclut le magazine.

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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