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Trop d'amis tue l'amitié (et le bonheur)

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 01.04.2017 à 9 h 26

Repéré sur Quartz

De nombreuses études montrent que l'on n'est pas plus heureux en ayant plus d'amis, et qu’en réalité le bonheur passe par des relations fortes, profondes et sincères avec seulement quelques personnes.

La cousine de la photographe et son amie se tenant la main | https://www.flickr.com/photos/bekassine/ via Flickr CC License by

La cousine de la photographe et son amie se tenant la main | https://www.flickr.com/photos/bekassine/ via Flickr CC License by

L’âge aidant, il n’est pas rare de se rendre compte qu’en réalité, les meilleurs moments dans la vie sont ceux passés avec ces «vrais amis», ces «bff» et autres «meilleurs potes» avec qui l’on vie quotidiennement et avec qui l'on discute de choses plus profondes que la dernière cuite à la soirée de Jules ou Jim. Un article de Quartz le démontre brillamment en citant de nombreuses études à l’appui.

Saviez-vous que «l’on est plus connecté, et cependant plus seuls»? C’est ainsi que Shelly Turkle décrit notre isolation sociale aujourd’hui. Il semblerait exister une corrélation entre usage de Facebook et solitude, fort usage de facebook et insatisfaction à l’égard de sa propre vie et utilisation de facebook et mauvaise humeur. Certes, la faute n’est pas uniquement à imputer aux réseaux sociaux, mais cela doit déjà amener à réfléchir sur le caractère réellement social de ces moyens de communication. Debord ne disait-il pas déjà en 1967 que «le spectacle réunit le séparé, mais il le réunit en tant que séparé»?

Le mauvais choix de la popularité

Mais qu’en est-il des relations en chair et en os? Une étude étonnante de Tim Kasser sur les valeurs des gens semble indiquer qu’en réalité, là aussi, avoir plus d’amis ne veut pas dire plus de bonheur. Ce dernier distingue deux types de valeurs relationnelles chez les gens: la popularité (le désir d’avoir plus d’amis et d’être aimés d’un plus grand cercle d’amis) et l’affinité (le désir d’approfondir et construire des relations proches). Et il semblerait que contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont ceux qui privilégient la première qui sont les moins heureux, les moins en bonne santé, les plus déprimés et qui consomment plus de drogues – tout l’inverse de ceux privilégiant la seconde.

Malheureusement, à en croire les études sur les États-Unis et ailleurs, pour beaucoup, nous préférons plutôt suivre la première voie. Si en 1985, un Américain discutait de choses importantes avec en moyenne trois amis, selon un sondage, en 2004, ce chiffre est tombé… à zéro!

Certes, une chouette soirée passée avec une foule d’inconnus n’est pas mauvaise en soi, bien au contraire. Mais ces «snacks sociaux», selon l’expression des psychologues sociaux Wendi Gardner et Cindy Pickett, ne pourront jamais remplacer les vraies amitiés. Celles-ci, au nombre de 15 maximum d’après les recherches sur les primates et les hommes effectuées par Robin Dunbar –qui a analysé leur capacité de regroupement social en se basant sur la taille de leur cerveau–, sont celles qui ont le plus d’impact sur le bonheur, la santé et la longévité. Des uns comme des autres.