Monde

La CIA utilise des jeux de société pour former ses officiers

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 16.03.2017 à 11 h 05

Repéré sur CNN, Ars Technica

Des formateurs de l'agence de renseignement américaine ont dévoilé au public quelques jeux de société développés pour former les officiers de la CIA.

Pour entraîner ses membres, la CIA, l'agence centrale du renseignement américain, ne se concentre pas uniquement sur des logiciels extrêmement sophistiqués. Parfois, elle se contente... de simples jeux de rôle ou de société. C'est en tout cas ce qu'on affirmé trois formateurs d'agents lors du festival South by Southwest (SXSW) à Austin, aux États-Unis, une conférence dédiée à l'innovation et aux nouvelles technologies.

Lors de leur passage à Austin, ils ont révélé qu'une partie de leur travail consistait à créer des jeux de société destinés à former les officiers et, par extension, à mieux assurer la sécurité des États-Unis. Parmi les jeux proposés, évidemment inaccessibles pour le grand public, on retrouve «La collecte de données» ou encore «Le caïd: la traque d’El Chapo», écrit Ars Technica. Un autre demande aux officiers de prendre les bonnes décisions pour mettre en place des satellites visant à intercepter les renseignements secrets de pays étrangers. Comme un air de déjà-vu.

«Puis, on leur jette un obstacle inattendu, par exemple le fait que le Congrès américain vient de couper leur budget en deux», a expliqué David Clopper, l'un des formateurs de l'agence de renseignement.

Cartes et jeux de rôle

Le premier, sur la collecte de données, est un par exemple un jeu de cartes lors duquel les officiers sont chargés de recueillir des informations pour la Maison-Blanche en cas de crise menaçant la sécurité des États-Unis. Pour rendre la tâche plus difficile, les formateurs ont prévu des obstacles divers comme la résurgence de l'État islamique, le conflit en mer de Chine ou bien encore le blocage bureaucratique ou des sources mal informées.

Dans un jeu de rôle, les formateurs ont reproduit le contexte économique, militaire et politique de l'Afghanistan afin de leur fournir «une compréhension plus dynamique des enjeux du pays», a précisé Volko Ruhnke, créateur de jeux vidéo et formateur en analyse militaire et terroriste auprès de la CIA.

Mais, en 2017, n'y a-t-il pas d'autres moyens que des jeux de société pour former des officiers, comme la réalité virtuelle? Les formateurs de la CIA, qui semblaient avoir anticipé la question, ont simplement répondu qu'ils étaient moins coûteux. Mais pas que. Les jeux de société permettent une véritable souplesse, une adaptation rapide aux enjeux géopolitiques et géostratégiques réels, contrairement aux jeux vidéos dont le développement prend davantage de temps, a ajouté la formatrice Rachel Grunspan.

«Je me suis déjà servi de jeux vidéo, mais ils sont beaucoup plus difficiles à adapter pour nos besoins. [...] Les situations de conflits dans le monde changent rapidement et modifier un jeu vidéo est beaucoup plus ardu et lent.»

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