Monde

La douloureuse histoire de la machine qui tue au travail

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 16.03.2017 à 10 h 51

Repéré sur Quartz

Qui paiera pour la mort de Wanda Holbrook?

Crédit: Wikimédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:TOPIO_3.jpg

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De 2001, l'Odyssée de l'espace à Westworld, la pop culture a beaucoup joué avec l'idée d'une rebellion des machines à l'égard de l'homme. Au point de chercher à reprendre le contrôle et à l'annihiler. Cette inquiétude risque d'aller grandissante avec l'essor des machines connectées et autres intelligences artificielles. Toutefois, la réalite montre qu'il n'y a pas besoin d'intention malveillante pour que l'issue tourne au drame, comme le révèle une affaire mise en lumière par le magazine Quartz.

Un matin de juillet 2015, Wanda Holbrook, technicienne de maintenance dans une usine du Michigan, accomplit sa tâche quotidienne: vérifier que toutes les machines sont opérationnelles. Seulement, tout ne se passe pas comme prévu. Dans la section 100 de l’usine, les robots sont censés être inactifs. Holbrook les inspecte un à un et une machine se met soudainement à bouger. D’une manière qui échappe aux autorités, celle-ci trouve le moyen d’empêcher l’ouvrière de s’en fuir, et la tue d’un coup de bras mécanique dans le visage.

Pas toujours fiables

Plutôt que dresser le portrait d’un robot serial killer, le fait divers rappelle de manière brutale que, si les robots sont censés être opérationnels tout le temps, ils peuvent faire une erreur. Ainsi, l’Occupation Safety and Health Administration Administration note à propos de cette affaire que les machines sont «généralement utilisées pour accomplir des taches fortement répétitives, hasardeuses et peu plaisantes.» Et ajoute, afin de montrer qu’elles ne sont pas toujours fiables:

«Des études ont montré que beaucoup d’accidents provoqués par des robots ont lieu durant des opérations non routinières, comme la programmation, la maintenance, les tests ou l’ajustement. Pendant ces opérations, les travailleurs sont sans doute trop près du robot, et des mouvements inattendus peuvent provoquer des blessures

Qui est responsable?

L'autre souci réside dans la question de la responsabilité. À qui les proches des victimes doivent-ils demander des comptes? Le 7 mars dernier, le mari de Wanda Holbrook a porté plainte contre cinq entreprises de robotiques travaillant avec l'usine. Il les attaque notamment sur la construction même de la machine, son assemblage et le contrôle qui en a été fait. Un collègue de sa femme partage ses doutes et accusations:

«Le robot de la section 130 n’aurait jamais dû entrer dans la section 140. (…) Une erreur provoquée par un ou plusieurs systèmes de sureté mis en place par les accusés est en cause, et a causé la mort de Wanda

En 2015, le New York Times évoquait déjà le danger représenté par la robotique et faisait à ce moment là état d’au moins 33 morts causées par des machines sur des lieux de travail aux États-Unis, en l’espace de trente ans. Un petit chiffre qui cache autant d'histoires douloureuses.

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